Féminicide de Hayange : "Aucun manquement professionnel dans les décisions prises avant le meurtre", selon la mission d'inspection

La mission d'inspection a rendu vendredi son rapport sur le féminicide d'Hayange (Moselle). Le drame était survenu dans la nuit du 23 au 24 mai. La victime, une jeune femme de 22 ans, a été tuée à coups de couteau en pleine rue, à deux pas du poste de police alors fermé.

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Des fleurs sur les lieux du féminicide d'Hayange (Moselle), le 26 mai 2021. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

La mission d'inspection diligentée après le féminicide à Hayange (Moselle) fin mai n'a relevé "aucun manquement professionnel dans les décisions prises avant le meurtre", selon son rapport dévoilé vendredi 2 juillet. "Tous les intervenants [se sont] mobilisés normalement dans le champ de leurs compétences", écrivent les auteurs du rapport "définitif" commandé par le gouvernement.

Le drame était survenu dans la nuit du 23 au 24 mai. La victime, une jeune femme de 22 ans, a été tuée à coups de couteau en pleine rue, à deux pas du poste de police alors fermé. Son compagnon a été interpellé le lendemain. "La gravité des faits souligne toutefois la nécessité absolue de coordonner l'action des acteurs locaux à chaque étape du traitement des violences familiales, comme le proposent les recommandations du présent rapport", selon le document rédigé par l'Inspection générale de la justice et l'Inspection générale de l'administration.

Un dysfonctionnement "inexpliqué" du bracelet électronique

"Au-delà [des] améliorations indispensables, la mission estime que la multiplication des directives respectives des ministères de l'Intérieur et de la Justice risque de compliquer l'action des services locaux en laissant subsister une ambiguïté dans les comportements à tenir", selon le rapport. Le compagnon de la victime, ressortissant serbe de 23 ans, réfugié politique, a été mis en examen pour "meurtre sur conjoint" et incarcéré.

Condamné à un an de prison pour délits routiers, il avait bénéficié d'un aménagement de peine et avait été placé en mai en détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE), avec un bracelet électronique. Cet appareil a connu "un dysfonctionnement inexpliqué à ce jour" puisque le bracelet a été arraché le soir du drame, ce qui n'a déclenché "aucune alarme au centre de surveillance".

Lors d'une conférence de presse tenue après le drame, le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri, avait déjà réfuté tout "dysfonctionnement des services judiciaires" au lendemain du féminicide d'Hayange. Le magistrat avait toutefois reconnu que, "dans un monde idéal", les plaintes déposées par la victime à l'encontre de son conjoint violent auraient dû être signalées au parquet. "L'attitude souvent déroutante de ce couple, aux confrontations suivies, parfois dans la foulée, de réconciliations, a pu conduire à une banalisation de cette situation par les services de police", selon le rapport.

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