Affaire Adèle Haenel : les avocats de Christophe Ruggia dénoncent le non-respect du secret de l'instruction et demandent la levée du contrôle judiciaire de leur client

Les avocats du réalisateur, accusé d'agressions sexuelles par l'actrice Adèle Haenel, invoquent "une interpellation et un placement en garde à vue injustifiés", ajoutant que le parquet n'a, selon eux, pas respecté le secret de l'enquête et de l'instruction.

Christophe Ruggia, le 21 octobre 2015.
Christophe Ruggia, le 21 octobre 2015. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Dans une lettre, que s’est procurée franceinfo samedi 25 janvier, les avocats du réalisateur Christophe Ruggia dénoncent la "manière gravement attentatoire" avec laquelle le parquet de Paris "pris en otage" a agi à l'encontre de leur client après les accusations d'agressions sexuelles de l'actrice Adèle Haenel.

Fanny Colin, Orly Rezlan et Jean-Pierre Versini-Campinchi évoquent "une interpellation et un placement en garde à vue injustifiés", ajoutant que le parquet n'a – selon eux – pas "respect[é] le secret de l'enquête et de l'instruction". Dans cette lettre, datée du 23 janvier 2020, ils annoncent également faire appel de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire de leur client.

Une confrontation "organisée en pleine nuit"

"M. Ruggia, fusillé par Médiapart depuis le 3 novembre 2019, a été interpellé à son domicile, deux mois et demi plus tard, le 14 janvier 2020 à 6 heures 10 du matin alors que rien ne pouvait conduire votre parquet à penser qu'il ne se rendrait pas à une convocation de police ou bien qu'il s'opposerait à une perquisition", indiquent les avocats. Ils font état d'une "confrontation organisée en pleine nuit aux alentours de la 40e heure de garde à vue".

Les avocats estiment que l'information du placement en garde à vue de Christophe Ruggia et le lieu de celle-ci, tweeté par la journaliste de Mediapart, Marine Turchi, "n'a pu être communiquée à Médiapart que par [le] Parquet ou les officiers de police judiciaire en charge de l'enquête".