VIDEO. Toutes les associations méritent-elles vos dons ?

Avant Noël, les associations caritatives sollicitent votre générosité. Mais savez-vous comment ces associations dépensent votre argent ? Certaines ratent parfois leur cible...

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Nous avons analysé les bilans comptables de plusieurs associations caritatives en France. Bonne nouvelle : l’immense majorité utilise l’essentiel de nos dons pour les causes défendues.

Perce-Neige ? 98% de ses dépenses vont à sa mission, le handicap. Les Restos du Coeur ? 92% aux plus démunis. C’est 90% à SOS Village d’enfants.

Mais d’autres s’en sortent moins bien. Prenez la fondation Vaincre Alzheimer. Elle a versé l’an dernier plus d’un million d’euros à la recherche sur cette maladie. Pas mal… sauf que d’après nos calculs, cela ne représente que 52% de leurs dépenses.

Comment a-t-elle utilisé le million restant ? Cela peut sembler paradoxal : elle a dépensé beaucoup d’argent, 640 000 €, pour que vous en donniez.

“Ces frais de collecte sont nécessaires à une petite structure comme la nôtre, qui a peu de notoriété, pour se développer, pour financer toujours plus de programmes de recherche, justifie Géraldine Drexel de Buchy, directrice générale de la fondation. C’est un investissement.”

"Il faut que l'argent soit utile !"

Quand ce ne sont pas les frais de collecte qui flambent, ce sont les frais de fonctionnement. Exemple à l’Association pour la recherche sur le diabète (ARD).

En épluchant ses comptes, surprise : en 2016, sur 577 000 €, 238 000 ont servi à financer la recherche. C'est seulement 41% des dépenses.

Le reste ? Les salaires : 107 500 € pour… deux salariés. Il y a aussi les bureaux : 2600 € par mois, dans les beaux quartiers de Paris.

La directrice ne voit rien à redire sur l’utilisation de ses dons. Elle pointe même d’autres frais de fonctionnement. “Le cabinet comptable, tous les mailing qu’on fait pour avoir des dons,  énumère Bénédicte Saxe-Sers, la directrice de l'ARD. On envoie aussi des calendriers à la fin de l’année. Informer et prévenir le diabète, tout ça coûte une fortune.”

Alors, comment savoir à qui donner ? Un label existe depuis une trentaine d’années : le Don en confiance, qui certifie 88 associations. Il contrôle comment elles dépensent leur argent. “Pour un donateur, ce qui compte c’est que l’argent serve la cause, il faut que l’argent soit utile , rappelle Nathalie Blum, directrice générale du Don en confiance. Une organisation qui, années après années, donne moins de 50% à la cause, elle doit expliquer pourquoi, c’est interpellant !”

En cas de manquements, le label peut être retiré aux associations qui ne respectent pas la charte. De quoi, s’il le fallait, redonner confiance aux donateurs.