Trappes : le mari de la femme voilée contrôlée conteste la version des policiers

"A aucun moment, on n'a refusé le contrôle", assure Mickaël. Selon lui, son épouse a déjà été contrôlée plusieurs fois et "ça s'est toujours bien passé". 

Deux femmes passent devant des véhicules de CRS à Trappes (Yvelines), le 20 juillet 2013.
Deux femmes passent devant des véhicules de CRS à Trappes (Yvelines), le 20 juillet 2013. (MAXPPP)

"Tout ce qui a été dit est faux." Le mari de la femme intégralement voilée dont le contrôle d'identité, le 18 juillet à Trappes (Yvelines), a dégénéré, a démenti auprès de l'AFP la version policière de son interpellation, mardi 23 juillet. "Je n'ai pas essayé d'étrangler un policier", s'est défendu Mickaël, 21 ans. Après ce contrôle, de nombreux habitants se sont massés devant le commissariat vendredi soir et des violences urbaines ont éclaté durant le week-end, avant de s'essouffler en début de semaine.

Le jeune homme fluet et barbu, converti à l'islam à 16 ans, a été placé en garde à vue jeudi avant d'être relâché samedi. Soutenu par l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93), qui prend en charge ses frais d'avocat, il sera jugé en septembre.

"Provocations" et "insultes" de la part des policiers

Lors d'une conférence de presse, samedi, le procureur de la République de Versailles a expliqué que Mickaël avait tenté d'étrangler un policier et que le fonctionnaire de police présentait des marques d'étranglement au cou, ainsi qu'une trace de coup sur une pommette. Le jeune homme a, lui, relevé les "provocations" et les "insultes" des policiers.

Jeudi, le couple, qui vit en Seine-Saint-Denis, se trouvait à Trappes en compagnie de la belle-mère et de la belle-sœur de Mickaël et de leur bébé de trois mois. "A aucun moment, on n'a refusé le contrôle", a assuré Mickaël, expliquant que son épouse, âgée de 20 ans, également convertie à l'islam et qui porte le voile intégral, avait déjà été contrôlée plusieurs fois et que "ça s'était toujours bien passé".

"Un agent a poussé ma belle-mère"

"On aidait ma belle-mère à porter ses courses", raconte le jeune homme en chemisette noire et baskets. "Les policiers nous ont arrêtés, ils ont dit à ma femme 'Relevez votre voile'. Ma belle-mère est venue voir, un agent de police l'a poussée. Quand ma femme a vu ça, elle leur a demandé pourquoi ils se comportaient de façon agressive. A ce moment-là, ils ont commencé à s'énerver." Quand son épouse s'est interposée, "le policier lui a dit de se taire, en lui criant dessus. Elle parlait avec les mains, le policier lui a frappé les mains pour les baisser."

"A partir du moment où le policier s'est rapproché de ma femme et a mis sa main vers son visage comme pour la gifler ou la saisir, là j'ai eu peur pour ma femme et je me suis interposé", explique Mickaël, sans préciser de quelle façon il avait agi. Interpellé par les policiers qui, ajoute-t-il, l'ont "insulté" dans la voiture qui le conduisait au commissariat, il a été placé en garde à vue. "La garde à vue s'est passée correctement dans l'ensemble, à part pour les repas. Ils m'en proposaient pendant la journée mais pas le soir", a déploré le jeune homme, qui pratique le ramadan et qui jeûne donc jusqu'à la tombée de la nuit.