Taxis amateurs à la campagne : "Il y a un vrai besoin" selon l’association des maires ruraux

Le gouvernement veut autoriser le développement de taxis amateurs dans les campagnes. Une bonne idée pour le président de l’association des maires ruraux de France.

 Le gouvernement prévoit de compter sur des conducteurs privés afin de pallier le manque de transport public dans les zones rurales. 
Le gouvernement prévoit de compter sur des conducteurs privés afin de pallier le manque de transport public dans les zones rurales.  (JABOUTIER / MAXPPP)

Le gouvernement a proposé une mesure pour autoriser les conducteurs lambda à proposer des services de taxis dans les campagnes, où la voiture individuelle est souvent le principal moyen de déplacement. La  proposition est à l’étude depuis la fin des Assisses de la mobilité, en décembre 2017. Elle s’inscrit dans le cadre de la loi d’orientation sur les mobilités et doit arriver au parlement à l’automne prochain. Une initiative saluée par Vanik Berbérian, le président de l’association des maires ruraux de France (AMRF).

franceinfo : Pensez-vous que la mesure du gouvernement soit une bonne mesure ?

Vanik Berbérian : Je pense qu'il n'y a pas de solution type, parce que chaque territoire est différent, et les réponses qui doivent être données doivent s'adapter aux besoins du contexte. Donc pourquoi pas, on peut essayer. En même temps, il faut savoir que ce n'est pas quelque chose de nouveau que de trouver des formules alternatives pour résoudre le problème de mobilité, vous avez des communautés de communes qui ont déjà mis en place des systèmes, vous avez des associations aussi qui font cette démarche-là. Par exemple, des gens qui se proposent de conduire le véhicule d'une personne âgée, qui n'a pas réussi encore à se séparer de son véhicule mais qui a peur de prendre la route. On a ça dans le Lot-et-Garonne par exemple, l'association ou les membres de l'association viennent conduire moyennant une petite rémunération, qui est d'ailleurs plus de l'ordre du symbole qu'autre chose, mais qui permet d'accompagner ces gens chez le médecin, faire des courses et parfois même aller se promener. Il y a vraiment un besoin mais surtout il faut que les choses soient souples, et puis vous avez, puisqu'on est quand même dans une dimension professionnelle, le principe de la licence puisque c'est souvent ça aussi qui est plein de difficultés avec des coûts exorbitants. C'est un vrai sujet, il faut essayer toutes les formules et certainement assouplir les règles administratives et juridiques pour que des réponses puissent être données.

Les taxis des campagnes sont souvent utilisés pour aller à l'hôpital, et ils coûtent très cher...

C'est un des paramètres essentiels. Beaucoup de ces entreprises de taxi font du transport de personnes : il faut s'interroger sur la pertinence, parce que cela coûte vraiment énormément d'argent et n'est pas toujours justifié. Effectivement, dans la mesure où c'est remboursé par la sécurité sociale, il y a peut-être parfois des excès, mais le prix général est exorbitant. Donc il va bien falloir trouver un principe où chacun s'y retrouve, à la fois le citoyen qui a besoin de se déplacer et l'opérateur qui conduit sa voiture.

Peut-on encore compter sur la solidarité de voisinage pour se déplacer ?  

C'est très variable. Sur ma commune, Gargilesse-Dampierre, dans l'Indre, on trouve toujours des solutions parce que la solidarité de voisinage est un réflexe quasi-naturel. Mais, si à un moment donné, la demande est trop régulière, trop présente, il faut mettre en place un processus. Il y a quelques années, j'utilisais le car de transport scolaire qui appartient à la commune pour emmener les anciens à la ville faire des courses. J'ai dû me battre avec le Conseil départemental de l'époque parce que la réglementation ne permettait pas un usage de ce petit bus autre que pour le transport scolaire. Donc il y a plein de difficultés comme cela, d'ordre technique, d'ordre administratif, d'ordre juridique, sur lesquelles il faut se pencher pour que les gens puissent se déplacer plus facilement. C'est une vraie nécessité.