Sécurité routière : une association d'automobilistes dénonce des routes françaises "trop fortement dégradées"

L'association 40 millions d'automobilistes a appelé l'Etat, vendredi, à "assumer sa part de responsabilité".

Un bouquet en hommage à un mort sur la route, près de Lyon (Rhône), le 25 octobre 2014.
Un bouquet en hommage à un mort sur la route, près de Lyon (Rhône), le 25 octobre 2014. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Chaussée fissurée ou déformée, accotements instables, signalisation manquante ou effacée, glissières de sécurité absentes...  L'association 40 millions d'automobilistes a appelé, vendredi 11 novembre, l'État à "assumer sa part de responsabilité" dans la sécurité routière. Elle réclame une mission parlementaire sur l'état du réseau routier.

L'association a mené, du 26 novembre 2015 au 1er mars 2016, une opération participative de recensement sur internet des routes les plus abîmées. Elle a abouti à 31 186 signalements dans 89 des 101 départements français.

Baisse des crédits pour l'entretien des routes

"Le résultat n'est, hélas, pas surprenant. Depuis plusieurs années se profile une dégradation lente et inévitable" en raison notamment d'une baisse de 27% par an, depuis 2011, des crédits accordés pour l'entretien courant par l'État et les collectivités, a expliqué le délégué général de l'association, Pierre Chasseray.

"Il faut que chacun assume sa responsabilité. Les pouvoirs publics se réfugient trop souvent derrière l'argument du 'On ne savait pas'. On va envoyer ces signalements à tous les élus. Maintenant, ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas", ajoute-t-il. "Si un accident mortel se passe sur une de ces routes [recensées], on se portera partie civile", assure-t-il.

Selon les données de la Sécurité routière, 1 278 personnes sont notamment mortes en 2015 après avoir heurté un obstacle fixe (arbre, poteau, mur, trottoir, fossé, talus, glissière...), soit 37% de la mortalité routière de l'année.