Sécurité routière : les radars rapportent de l'argent mais ne font pas baisser la mortalité

D'après un rapport de la Cour des comptes, le montant global issu des amendes a augmenté de 11,6% en 2016. Mais la mortalité sur les routes est elle aussi en hausse.

Un radar automatique à Paris, le 30 septembre 2016. 
Un radar automatique à Paris, le 30 septembre 2016.  (MAXPPP)

Les radars renflouent les caisses de l'Etat, mais ne parviennent pas à réduire le nombre de victimes sur les routes. D'après un rapport de la Cour des comptes, consulté par Le Parisien et l'AFP, samedi 10 juin, les radars ont rapporté plus de 920 millions d'euros en 2016, soit 131 millions de plus qu'en 2015.

Le montant global des amendes perçues par l'Etat, qui prend en compte à la fois les infractions à la circulation et les stationnements interdits, s'est élevé à 1,8 milliard d'euros, soit une augmentation de 11,6% par rapport à 2015. Or, "en 2016, les résultats de la mortalité routière ont été confirmés à la hausse pour la troisième année consécutive avec près de 3 500 tués sur les routes françaises en métropole (+2,3%)", rappelle la Cour des comptes.

Les radars sont-ils efficaces ?

Cette augmentation des recettes est "positive pour le budget de l'Etat" et témoigne "d'une meilleure efficacité" des radars. Elle doit cependant être "analysée (...) au regard de l'objectif gouvernemental de diminution de la vitesse sur les routes, première cause d'accidents mortels", juge la Cour des comptes. 

"On ne sanctionne que des petits excès de vitesse, on a trouvé la recette miracle pour faire du jackpot", commente Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes. "Y'en a marre qu'en France, il faille toujours sauver le 'soldat-radar', continue le responsable associatif, interrogé par l'AFP. Il faut le replacer à son niveau d'efficacité, qui est faible."