Permis à 17 ans : "Oui, mais sous conditions", pour la Prévention routière

L'association préconise notamment d'interdire aux jeunes de moins de 18 ans de conduire de nuit.

Un rapport parlementaire propose de permettre aux jeunes qui ont fait la conduite accompagnée de passer leur permis à 17 ans.
Un rapport parlementaire propose de permettre aux jeunes qui ont fait la conduite accompagnée de passer leur permis à 17 ans. (LP/AUR?LIE AUDUREAU / MAXPPP)

Un rapport parlementaire, présenté mardi 12 février, propose de permettre aux jeunes qui ont fait la conduite accompagnée, de passer leur permis à 17 ans au lieu de 18 ans actuellement. Christophe Ramond, directeur des études et recherches de l’association Prévention routière, s'est dit, sur franceinfo, favorable à une telle mesure mais avec des "conditions", comme l'interdiction de conduire seul la nuit.

franceinfo : Etes-vous favorable à un permis de conduire à 17 ans, pour les jeunes qui ont fait la conduite accompagnée ?

Christophe Ramond : Il y a beaucoup d'avantages à faire la conduite accompagnée. Cela permet de se préparer plus tranquillement, pendant deux ou trois années, à la conduite automobile. On obtient de bien meilleurs résultats aux tests à l'examen et cela revient beaucoup moins cher puisque l’on prend moins de leçons d'auto-écoles. L’économie estimée varie entre 500 et 600 euros. Cela a un réel intérêt. Mais le permis à 17 ans, est-ce une mesure de sécurité routière ? Non puisque ça avance l'âge à partir duquel on va être seul sur la route, où on va s'exposer à un risque plus important.

Dites-vous non, ou oui mais sous conditions ?

Nous on dit plutôt oui, sous conditions. En s'inspirant de ce qu'il se passe dans les pays du Nord, où l'on permet à des adolescents de conduire assez facilement mais avec certaines restrictions. Notamment, le couvre-feu. Par exemple, de minuit à 6 heures du matin, on n'a pas le droit de conduire seul. On peut conduire mais sous la surveillance d'un parent. Ce qui permet de réduire fortement les risques. La nuit représente une part très faible du trafic mais c'est aussi 44% de la mortalité routière. D’abord, la nuit on voit moins bien, il y a moins de circulation donc on a tendance à rouler plus vite. Il y a aussi un tas de comportements à risques. Notamment la conduite sous l'effet de l'alcool ou de la drogue. Eviter ces situations à risques permet de compenser le fait que l’on conduise plus tôt.

Pensez-vous qu'il faille rendre plus attractive la conduite accompagnée ? Elle ne concerne que 24% des jeunes.

Cela a un avantage dans l'apprentissage. On va multiplier les situations de conduite supervisée, avec les parents, sur des trajets de nuit, lorsqu’il fait mauvais temps. Cela permet aux apprentis de commencer à conduire, seuls, en toute confiance. Le fait de faire la conduite accompagnée, permet de conduire seul beaucoup plus tôt. Les jeunes qui vont en écoles traditionnelles, eux, vont conduire après 19 ans. On a un an de décalage quant au début de la conduite autonome. Pendant cette année, on va prendre des risques que les autres ne prennent pas. Les sorties festives sont avancées pour ces jeunes, d'où une prudence nécessaire des parents. En revanche, c'est quand même une mesure favorable à la mobilité, l'insertion professionnelle. Il y a beaucoup d'avantages à avancer l'âge de la conduite.