Limitation à 80 km/h : "Pas de débat, il est simplement question de mener cette expérimentation jusqu'au bout"

Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, défend la mesure lancée par le gouvernement, le 1er juillet 2018.

La limitation de la vitesse à 80 km/h est en vigueur sur la plupart des routes secondaires, en France.
La limitation de la vitesse à 80 km/h est en vigueur sur la plupart des routes secondaires, en France. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

"C'est un bilan exceptionnel parce qu'il faut revenir aux années d'après-guerre pour avoir une si faible accidentalité, quand je dis si faible, elle est encore beaucoup trop importante, mais comment ne pas se réjouir devant toutes ces familles qui n'ont pas connu le pire des drames", a réagi lundi 28 janvier, sur franceinfo, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, à propos des annonces d'Édouard Philippe sur la mortalité routière.

L'année 2018 a été la moins meurtrière de l'histoire sur les routes de métropole. L'an dernier, 3 259 personnes ont trouvé la mort en métropole, soit neuf de moins que le précédent record, qui datait de 2013. "Il faut quand même souligner que cette décision, elle a été prise par un Premier ministre qui a travaillé avec des conseillers déjà au fait de la sécurité routière, des experts. Édouard Philippe savait de façon certaine qu'il y aurait une baisse rapide, certaine, du nombre de morts si le 80 km/h était appliqué sur l'ensemble des 380 000 kilomètres de routes concernés", a indiqué Chantal Perrichon.

Qui oserait dire publiquement 'moi je ne veux pas perdre de temps, moi j'aime conduire vite et ça m'est parfaitement égal que les gens meurent', qui oserait dire ça ? Personne !Chantal Perrichonsur franceinfo

Chantal Perrichon s'inquiète que les 80km/h soient remis en cause pendant le grand débat national, pour répondre à la crise des "gilets jaunes". "Il s'agit quand même d'un dossier majeur de santé publique qui intéresse directement la vie des Français. Pour nous, il n'est pas question de débat, il est simplement question de mener à terme cette expérimentation jusqu'au bout des deux ans. De même que monsieur Macron veut mener à terme son expérimentation sur l'ISF, nous lui demandons d'avoir le même respect pour la vie qu'il en a pour la bourse."