Data Culte. Rouler moins vite sauve des vies... Vraiment ?

Si l'on compare les précédentes mesures liées à la vitesse avec les chiffres des accidents de la route, que voit-on ? Réponse avec Data Culte.

INA

Passer de 90 à 80 km/h sur les routes sans séparateur, 74 % automobilistes y sont opposés. Et pourtant, on ne cesse de le marteler depuis des années : baisser la vitesse réduit le nombre d'accidents et de morts sur la route. Est-ce vrai ?

Avant tout, le point sur les chiffres. La mortalité sur les routes françaises a atteint son pic en 1972. Depuis, jusqu’en 2013, le nombre de morts a globalement chuté, et il en va de même pour le nombre d’accidents corporels. La première diminution notable a lieu entre 1972 et 1975. Il y a eu par exemple 8 000 accidents de moins en 75 par rapport à 72.

Or, après des initiatives locales, une limitation est appliquée en 1974 sur l’ensemble du territoire. Il est interdit de dépasser : 90 km/h sur les routes, 110 sur les voies express et 130 sur autoroutes. Difficile de ne pas faire de lien entre cette baisse des accidents et de la mortalité routière et l'instauration d'une limitation de vitesse.

Mais dans le même temps, en 1973, une autre mesure a été instaurée : l’obligation du port de la ceinture de sécurité qui, si elle n'a pas d'effet sur le nombre d'accidents, a entraîner la chute de la mortalité routière. Bref, la vitesse n’est pas le seul levier. Sans parler des voitures plus sûres et des taux d’alcoolémie sans cesse abaissés.

Fin des années 80, le nombre de morts repart légèrement à la hausse. Le danger alors, ce sont les routes en agglomération. Une autre limitation de vitesse est donc instaurée à la fin de l'année 1990, inspirée des voisins allemands et italiens: le passage de 60 à 50km/h en ville. Le nombre d’accidents et le nombre de morts continuent à diminuer.

Mais c'est entre 2000 et 2005 que l'on note la chute la plus brusque de toute la courbe. Et pourtant aucune nouvelle limitation n'est instaurée. Mais une décision vient d'être prise, et elle n'est pas sans rapport avec la vitesse : l'arrivée prochaine des radars automatiques. Il a suffi qu’ils soient annoncés en 2000 pour que les Français lèvent le pied. Mieux contrôler la vitesse plutôt que de la diminuer: la peur de la répression fait encore plus effet.

Changement de panneaux
Changement de panneaux (PASCAL PAVANI / AFP)