Contrôle technique obligatoire des deux-roues dès 2023 : la Fédération française des motards en colère va étudier "les ripostes juridiques"

Les deux-roues motorisés devront, à l'instar des automobiles, passer un contrôle technique tous les deux ans, à partir du 1er janvier 2023. Il s'agit d'une mesure obligatoire au niveau européen mais longtemps repoussée en France.

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Manifestation des motards en colère contre le contrôle technique pour les deux-roues le 10 avril 2021 à Bédarrides dans le Vaucluse. (ISABELLE GAUDIN / FRANCE-BLEU VAUCLUSE)

A partir du 1er janvier 2023, le contrôle technique deviendra obligatoire pour les motos, les scooters et les voitures sans permis. Une mesure "totalement inadaptée" selon la FFMC, la Fédération française des motards en colère. Son coordinateur à Paris et en petite couronne, Jean-Marc Belotti, assure sur franceinfo ce mercredi qu’il continuera "à combattre" cette mesure qui, selon lui, n’est pas utile puisque les motards sont aptes à vérifier eux-mêmes, et à l'oeil nu, leurs deux-roues. Il promet de continuer à "protester", en manifestant et en étudiant "les ripostes juridiques".

"La cause de l’état du véhicule dans un accident, c'est 0,2%."

Jean-Marc Belotti

à franceinfo

franceinfo : Allez-vous vous plier à cette obligation du contrôle technique ?

Jean-Marc Belotti : Pas du tout. On va continuer à combattre cette mesure qui nous semble tout à fait inadaptée pour plusieurs raisons. Déjà parce qu’une moto ou un deux-roues motorisé, ce n'est pas une voiture. Pour regarder les freins sur une voiture, vous allez être obligés de démonter la roue et faire plusieurs manipulations. Sur un deux-roues motorisé, ça se voit à l'œil nu. Plusieurs éléments de sécurité sur un deux-roues motorisé se vérifient à l'oeil nu. Donc on trouve que cette mesure est totalement inadaptée. Payer quelqu'un 50 euros, parce que c'est à peu près le prix dont on nous parle pour regarder nos motos alors qu'on le fait tous les jours, franchement, c'est une grosse arnaque. Et puis, on nous vend ça sous prétexte de sécurité routière. Or, il s'avère que la cause de l’état du véhicule dans un accident, c'est 0,2%. Donc c'est très peu.

"Quand il y a un problème sur un deux-roues motorisé, je peux vous garantir qu’on le sent tout de suite."

Jean-Marc Belotti

à franceinfo

Est-ce qu'il n'y a pas un sentiment d'impunité du motard, qui refuse d'être logé à la même enseigne que le conducteur d'une voiture ?

On ne peut pas faire ce qu'on veut avec nos engins. Un deux-roues motorisé, ce n’est pas une voiture et c'est beaucoup plus sensible lorsqu'on roule. Quand il y a un problème sur un deux-roues motorisé, je peux vous garantir qu’on le sent tout de suite. Donc s'il n'y a pas de freins, si les pneus sont en mauvais état, les usagers motorisés ne sont pas plus imbéciles que les autres, pas plus suicidaires non plus, et ils iront faire vérifier leur deux-roues. Et il faut savoir qu'un deux-roues motorisé, ça passe beaucoup plus souvent en révision qu'une voiture. Par ailleurs, le kilométrage moyen d'un deux-roues motorisé, c'est 3 000 km. Comme il va être soumis au contrôle technique tous les deux ans, cela veut dire tous les 6 000 km en moyenne, c'est complètement ridicule.

Comptez-vous protester de nouveau ?

On va protester. On va sortir dans la rue, on va étudier les ripostes juridiques. On va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous opposer au contrôle technique que l'on ne veut pas. Pas parce qu'on ne veut pas payer, pas parce qu'on veut être différent des autres, simplement parce qu'un contrôle technique sur un deux-roues motorisé, ce n'est pas la bonne solution.

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