RSA, contrats aidés, garantie jeune... Ayrault détaille son plan contre la pauvreté

Après avoir annoncé les grandes lignes de son plan quinquennal contre la pauvreté en décembre dernier, Jean-Marc Ayrault l'a précisé lundi. Pas de surprise mais pas d'explication non plus sur le financement des mesures, estimées à 2,5 milliards d'euros annuels à partir de 2017. Ce plan sera piloté par François Chérèque. L'UMP estime que le gouvernement "se trompe d'outil".

(Reuters)

En décembre, le Premier
ministre avait annoncé les grandes lignes de son plan quinquennal de lutte
contre la pauvreté
. Minima sociaux, logement, jeunesse, Jean-Marc Ayrault l'a détaillé lundi et l'a
officiellement lancé. Pas de grosses surprises. Les mesures évoquées en
décembre sont à peu près les mêmes que celles qui ont été officialisées. 

Augmentation du RSA . Le RSA sera augmenté de 10%
sur cinq ans, en plus de l'inflation. La première revalorisation aura lieu en
septembre 2013.Elargissement de la CMU-C . Le plafond de la couverture
maladie universelle complémentaire sera augmenté. 750.000 personnes
supplémentaires vont pouvoir en bénéficier (c'est plus que ce qui avait été annoncé en décembre, à savoir 500.000)Une garantie jeune . Jean-Marc Ayrault prévoit une
garantie jeune pour les 18-25 ans qui n'ont ni emploi, ni formation. Cette
garantie est équivalente au RSA, soit 500 euros. Le Premier ministre est resté
flou sur cette mesure et n'a pas précisé le nombre de jeunes concernés. On
sait juste qu'elle sera instaurée progressivement à partir de septembre 2013
avant d'être généralisée.Hébergement . 9.000 places d'hébergements d'urgence
pour les sans-abri et les demandeurs d'asile vont être débloquées.
Concernant la petite enfance,
selon le document, "le nombre d'enfants pauvres accueillis dans les
crèches devra refléter la composition de la population locale, avec un minimum
de 10%
".Allongement de la durée des
contrats aidés
. C'est la petite nouveauté qui
n'avait pas été annoncée en décembre : la durée des contrats aidés. Elle
est allongée à 12 mois, contre 8 actuellement. En 2012, 500.000 contrats aidés
ont été financés.Le financement . L'ensemble des mesures devrait coûter 2 à 2,5 milliards d'euros sur cinq ans. Jean-Marc Ayrault a assuré qu'il n'y aurait pas "d'impôt supplémentaire " pour financer le plan, ajoutant que l'effort sera financé par une "montée en puissance qui sera bien entendu inscrite dans notre budget (...). C'est simplement à l'intérieur du budget que nous faisons des choix ".François Chérèque, le pilote . L'ancien secrétaire général
de la CFDT assurera le suivi de ce plan. Il est actuellement à la tête du think
tank Terra, proche du PS. Il a également été nommé au sein de l'Igas
(Inspection général des affaires sociales). C'est par ce biais qu'il a été
mandaté.

"La lutte contre la pauvreté ne se fait pas uniquement à partir d'aides administratives. La seule vraie lutte contre la pauvreté c'est de remettre quelqu'un sur le chemin de l'emploi". (Laurent Wauquiez, UMP)

Après ces annonces, Laurent Wauquiez, vice-président de l'UMP, a dénoncé une politique d'assistanat. Pour lui, le gouvernement se trompe d'outil.