Vaucluse : une électrice porte plainte après avoir été obligée de retirer son voile pour voter

Après que le président du bureau de vote a demandé, dimanche, à une électrice d'Orange de retirer son voile pour voter, au motif qu'elle ne correspondait pas à la photo de sa pièce d'identité, cette dernière a porté plainte.

Un bureau de vote à Lille 
Un bureau de vote à Lille  (CITIZENSIDE/THIERRY THOREL / CITIZENSIDE)

Une électrice d'Orange, dans le Vaucluse, a porté plainte mardi 9 mai, après avoir été obligée de retirer son voile pour voter au second tour de l'élection présidentielle, rapporte France Bleu Vaucluse.

Le président du bureau de vote a demandé, dimanche, à cette Orangeoise de 57 ans, d'enlever le foulard qui lui couvrait la tête, au motif qu'elle ne correspondait pas à la photo de sa pièce d'identité. L'électrice a accepté, mais a néanmoins décidé de porter plainte deux jours plus tard.

Les signes religieux ne sont pas interdits dans les bureaux de vote

"J'ai donné ma carte d'identité, d'électeur. Le monsieur me regardait avec un air bizarre (…). Il m'a dit '"Madame, vous enlevez votre voile, c'est la loi, sinon vous ne votez pas !" J'ai un foulard, même pas le voile... avec une chemise, un jean, des baskets...", témoigne cette électrice, qui ajoute avoir quitté le bureau de vote en larmes.

Les signes religieux visibles ne sont pas interdits dans les bureaux de vote. En revanche, il est interdit de venir voter en portant un voile intégral : "La tenue portée ne doit pas faire obstacle au contrôle de l'identité de l'électeur. Un voile encadrant le visage n'empêche pas le contrôle de l'identité de l'électeur. En revanche, si l'identité d'une personne ne peut être établie en raison d'un voile masquant la bouche et le nez, le bureau de vote peut lui demander de retirer ce voile afin de contrôler son identité. En cas de refus, la personne ne peut être admise à voter", précise une circulaire du ministère de l'Intérieur diffusée en janvier 2017.

La ville d'Orange est dirigée par Jacques Bompard depuis 1995. L'élu a d'abord été membre du Front national, puis du Mouvement pour la France, avant de fonder la Ligue du Sud.