La campagne européenne célébrant "la liberté dans le hijab" retirée après une polémique

Cette campagne proposait des portraits de plusieurs jeunes femmes, voilées sur une moitié de l'image.

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France Télévisions
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"La beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab", "A quel point le monde serait-il ennuyeux si tout le monde se ressemblait ? Célébrez la diversité et respectez le hijab", est-il écrit sur cette affiche du Conseil de l'Europe. (CONSEIL DE L'EUROPE)

Aussitôt sortie, aussitôt retirée. Une campagne célébrant la diversité et "la liberté dans le hijab", lancée la semaine dernière par le Conseil de l'Europe, a déclenché une polémique en France, conduisant mardi 2 novembre l'organisation, vigie des droits de l'homme sur le continent, à la retirer.

Lancée jeudi dernier par le Programme pour l'inclusion et la lutte contre les discriminations du Conseil et cofinancée par l'Union européenne, cette campagne proposait des portraits de plusieurs jeunes femmes, voilées sur une seule moitié de l'image. Un message en anglais disait notamment : "Beauty is in diversity as freedom is in hijab" ("la beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hijab"). Passée dans un premier temps relativement inaperçue, elle a fini par déclencher une vive polémique, de l'extrême droite au gouvernement en passant par le PS.

"Cette communication européenne en faveur du voile islamiste est scandaleuse et indécente alors que des millions de femmes se battent avec courage contre cet asservissement", a lancé Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la présidentielle.

A droite, la présidente de la région Ile-de-France et candidate à l'investiture LR pour la présidentielle, Valérie Pécresse, a elle aussi fait part de sa "stupeur", estimant que le voile n'était "pas un symbole de liberté mais de soumission".

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a quant à elle jugé que "dire que la liberté est dans le hijab" revenait à "en faire la promotion". Au sein du gouvernement, la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse, Sarah El Haïry, a déclaré sur LCI que la France avait "fait part de sa désapprobation extrêmement vive, d'où le retrait de cette campagne dès [mardi]".

"Ces tweets ont été retirés et nous allons réfléchir à une meilleure présentation de ce projet", a confirmé dans un communiqué transmis à l'AFP le Conseil de l'Europe, organisation basée à Strasbourg.

Ils "faisaient partie d'un projet conjoint" du Conseil et de l'Union européenne "contre la discrimination, dont l'objectif était de sensibiliser à la nécessité de respecter la diversité et l'inclusion et de combattre tout type de discours de haine", a encore justifié le Conseil.

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