Vidéo Pédocriminalité dans l'Église : la publication du rapport Sauvé est "un moment historique et fondateur pour toutes les victimes"

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Olivier Savignac, co-fondateur de l'association "Parler et revivre", confie mardi sur franceinfo le besoin de reconnaissance des victimes : "L'Église doit se positionner, faire des pas en avant par rapport à ces personnes."

La publication du rapport Sauvé est "un moment historique et fondateur pour toutes les victimes", a déclaré mardi 5 octobre sur franceinfo Olivier Savignac, co-fondateur de "Parler et revivre", une association qui recueille la parole de victimes de violences sexuelles, notamment dans l'Église. Olivier Savignac a lui-même été victime de violences sexuelles de la part d'un prêtre, en 1993. La commission Sauvé, qui enquête sur l'ampleur de la pédocriminalité entre les années 1950 et aujourd'hui, publie ses conclusions, accablantes, mardi matin après deux ans et demi de travaux.

franceinfo : Que représente ce rapport pour vous et pour toutes les victimes ?

Olivier Savignac : C'est une pierre importante, la première pierre, pour l'Église catholique qui doit reconnaître ces crimes odieux sur des enfants, ces crimes de masse, mais aussi pour la société. Aucune commission jusqu'à présent n'a été instituée avec autant de moyen et sur une période de deux ans et demi. C'est un moment historique, c'est fondateur pour toutes les personnes qui ont été victimes de l'Église catholique.

Toutes les victimes ont-elles pu s'exprimer ?

Je crois que toute la lumière n'est pas faite, que toutes les paroles ne sont pas libérées. Dans mon département, l'Aveyron, énormément de personnes n'ont pas parlé parce que c'est un milieu rural, c'est un milieu de taiseux, on n'ose pas en parler et surtout chez les hommes.

"On a honte. Donc, forcément on n'en parle pas. C'est un témoignage sur trois ou quatre qui a été délivré, pas plus."

Olivier Savignac, co-fondateur de "Parler et revivre"

à franceinfo

Qu'attendez-vous de l'Église, à la suite de ce rapport ?

On n'attend pas forcément une demande de pardon parce que c'est toujours facile et c'est propre à l'Église de faire la morale. Nous accepterions qu'elle accepte sa responsabilité pleine et civile. On ne parle pas de geste financier mais d'indemnisation. D'autres églises l'ont fait comme en Allemagne, en Belgique, ou en Suisse, je crois que l'église de France est au même rang. Donc, on attend qu'elle fasse ce pas en avant. Entre huit et neuf personnes sur dix ne peuvent pas prétendre à une justice pénale. Cela veut dire que l'Église doit se positionner, faire des pas en avant par rapport à ces personnes qui attendent d'avoir une reconnaissance. Sur le plan symbolique, l'Église pourrait faire un événement de reconnaissance de la souffrance et ensuite partir sur ce processus d'indemnisations.

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