Hautes-Pyrénées : poursuivi pour "viols sur mineurs", un ancien abbé reconnaît des "anomalies"

L'ancien abbé Jean-Claude Mercier a reconnu lors de son audition des "dérapages", mais considère avoir "beaucoup aidé des milliers de jeunes".
Article rédigé par France Info
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Des témoins ont décrit "des enfants amenés de force" à l'abbaye Notre-Dame de l'Espérance à Tarasteix. (DDM - RACHEL BARRANCO / MAXPPP)

Un ancien abbé des Hautes-Pyrénées, mis en examen et placé en détention provisoire le 12 juillet dernier pour "viols sur mineurs", a reconnu des "anomalies" mardi 25 juillet lors d'une audition devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Pau alors qu'il demande sa remise en liberté, rapporte France Bleu Béarn Bigorre. L'avocat général a requis son maintien en détention.

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Lors de sa garde à vue, ce religieux avait reconnu des "plaisirs charnels" et des "dérapages" avec plusieurs mineurs, tous consentants selon lui. "Je regrette d'avoir fait des anomalies", a déclaré l'ancien abbé Jean-Claude Mercier devant les juges, tout en considérant avoir "beaucoup aidé des milliers de jeunes". "Si vous saviez tout le bien que j'ai fait. Je ne reçois qu'ingratitude."

Malgré le risque de récidive et de pressions sur les victimes et les témoins retenus par le juge d'instruction, ce religieux de 81 ans a donc demandé sa remise en liberté, notamment en raison de son état de santé et de ses conditions de détention à Tarbes. "J'ai souffert le martyre", a-t-il d'ailleurs déclaré devant les juges. "La détention n'est pas un hôpital, c'est normal, mais ça fait 15 jours que je n'ai pas mangé, j'ai bu un peu d'eau, parfois un yaourt. De votre décision dépendra ma vie ou ma mort."

"Des enfants amenés de force"

L'audience a été l'occasion de faire le point sur l'enquête, qui concerne des dizaines de victimes. À l'époque, dans les années 1990 et 2000, certains des garçons violés avaient 9 ans, 11 ans ou encore 14 ans. Certains étaient en colonie de vacances à Tarasteix, un autre, plus âgé, avait des problèmes d'addiction à la drogue et avait des rapports sexuels tarifés avec l'abbé pour pouvoir s'acheter de l'héroïne.

Des témoins ont également décrit "des enfants amenés de force" à l'abbaye Notre-Dame de l'Espérance, des familles qui recevaient de l'argent en échange de leur silence ou encore un planning "avec les préférés du père Mercier".

L'ancien abbé avait été exclu de toute fonction cléricale par le pape François en décembre 2022. En avril 2021, la commission chargée d'enquêter sur la pédocriminalité dans l’Église de France avait fait un signalement au parquet de Tarbes. Jean-Claude Mercier fait l'objet d'au moins sept plaintes d'hommes qui disent avoir été violés et agressés sexuellement par lui alors qu'ils étaient mineurs. À part deux victimes, pour lesquelles les faits datent de 2006, les faits sont "très anciens et donc prescrits", avait expliqué le parquet au moment de son interpellation, le 11 juillet dernier.

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