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Nouveau président au CFCM : "Les autorités musulmanes sont en train de sortir du déni sur la question de la radicalité"

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) va élire cet après-midi Mohammed Moussaoui, seul candidat encore en lice. Pour l'essayiste Hakim El Karoui, l'un des défis du nouveau président est la lutte contre la radicalisation.

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Radio France
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Hakim El Karoui, président de l’association musulmane pour l'Islam de France (Amif), en mars 2019. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Les autorités musulmanes sont en train de sortir du déni sur la question de la radicalité. Pendant longtemps, on a dit 'ça n'a rien à voir avec l'Islam', c'est évidemment faux et c'est bien aujourd'hui que le CFCM se saisisse de ce sujet-là", a estimé, ce dimanche sur franceinfo, Hakim El Karoui, essayiste et président de l’Association Musulmane pour l'Islam de France (AMIF).  "C'est une nécessité absolue aujourd'hui d'avoir une instance qui fonctionne. L'Islam est devenu une question politique, à cause des attentats, de la montée de la xénophobie, mais aussi de l'antisémitisme chez les musulmans", a-t-il souligné.

Lutter contre la radicalisation en prison

"Un exemple : il y a aujourd'hui 1 300 détenus radicalisés dans les prisons françaises, soit des terroristes soit des personnes identifiées comme ayant souscrit à l'idéologie radicale, au jihadisme. Ils sont traités sur le plan religieux par une centaine d'aumôniers", explique le président de l'AMIF. "Mais ils n'ont souvent pas la formation pour leur parler, ou bien ils viennent de l'étranger, ou encore ce sont des personnes âgées, qui sont incapables de parler à des jeunes radicalisés", déplore-t-il. "Sur cette question de l'aumônerie des prisons, il y a un gros travail à effectuer, qui dépend du CFCM. Il faut qu'il le mène et pour l'instant, cela n'a pas été fait", pointe Hakim El Karoui.

Autre espoir de l'essayiste : "La vieille guerre d'influence entre le Maroc et l'Algérie va peut-être laisser la place à un vrai travail lié à l'intérêt général. Ils essayaient de contrôler le plus de mosquées pour contrôler ceux qu'ils considèrent comme leurs ressortissants", explique le président de l'AMIF.

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