Une conférence organisée par la Ligue islamique mondiale à Paris suscite des critiques

La LIM est souvent considérée comme le bras diplomatique du royaume saoudien, financé par ses pétrodollars. 

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale Mohammed Al-Issa et le recteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris Patrick Chauvet, lors d\'une visite à la cathédrale à Paris, le 14 novembre 2017.
Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale Mohammed Al-Issa et le recteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris Patrick Chauvet, lors d'une visite à la cathédrale à Paris, le 14 novembre 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

La tenue mardi 17 septembre à Paris d'une "conférence internationale pour la paix et la solidarité", coorganisée par l'organisation saoudienne de la Ligue islamique mondiale (LIM), suscite des critiques, notamment au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM).

L'ex-ministre saoudien de la Justice, Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la LIM depuis 2016, et Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l'islam de France (FIF), co-organisateurs, ont prévu de réunir mardi au Palais Brongniart plusieurs responsables religieux français.

Sont notamment annoncés lors de l'événement parisien le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France, François Clavairoly, l'archevêque émérite de Lille, Mgr Gérard Defois, l'imam de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, ou encore le président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, Mgr Emmanuel.

Une "marginalisation des instances officielles" 

La LIM est souvent considérée comme le bras diplomatique du royaume saoudien, financé par ses pétrodollars, instrument de diffusion du wahhabisme, version saoudienne et très puritaine de l'islam. "Pour la première fois dans la Ville Lumière, va être proclamé haut et fort une condamnation sans équivoque du terrorisme islamiste, de l'obscurantisme, du salafisme", affirme ainsi Ghaleb Bencheikh.

L'Observatoire de lutte contre l'islamophobie, instance liée au CFCM, a fait part jeudi de son "étonnement", dans un communiqué. Son président, Abdallah Zekri, délégué général du CFCM, y regrette une "marginalisation des instances officielles, représentatives du culte musulman" français.

Vendredi, le président par intérim du CFCM, Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, est venu le soutenir, affirmant dans un texte : "L'instrumentalisation du dialogue inter-religieux dans notre pays par des organisations étrangères est un fait assez grave pour le dénoncer".