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Menus végétariens dans les cantines : les parents doivent-ils s'inquiéter ?

Réagissant à la polémique sur les repas sans porc, un parlementaire centriste souhaite imposer une alternative végétarienne dans les cantines scolaires. 

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France Télévisions
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Des élèves choisissent leur repas dans une cantine scolaire de Maubeuge (Nord), le 23 novembre 2013. (MAXPPP)

Les repas végétariens sont-ils vraiment "un moyen de mettre tout le monde d'accord" ? Le député UDI Yves Jégo a annoncé, vendredi 14 août, qu'il allait déposer, à la rentrée, une proposition de loi pour rendre obligatoire la présence d'un menu végétarien dans les cantines scolaires. Dans les commentaires de notre article, plusieurs internautes ont fait part de leurs inquiétudes. Francetv info y répond.

"On interdit à mon enfant de manger de la viande"

Là n'est pas l'idée. Yves Jégo a précisé, vendredi, sur BFMTV, que l'imposition d'un menu végétarien ne se ferait pas au détriment des plats "classiques". "Il faut rendre obligatoire dans les cantines scolaires, en alternative aux repas servis, un repas végétarien, sans viande, ni poisson", a expliqué le maire de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). Deux menus et non un seul, donc : les élèves auront toujours la possibilité d'avaler un steak-frites ou une brandade de morue s'ils le souhaitent. Mais, avant toute chose, il faudra que la proposition de loi soit effectivement déposée et adoptée. 

Pourquoi ne pas se contenter de laisser les enfants ne pas manger la viande dans leur assiette ? "Dans ce cas, le problème devient nutritionnel, répond le député. Il faut que les enfants puissent bénéficier d'un repas complet, avec un apport en protéines équivalent, mais 100% végétal."

"Mon enfant va souffrir de carences"

Est-ce dangereux de se priver des apports de la viande et du poisson ? "Il n'y a aucun risque de carence pour les enfants", assure Florence Foucaut, diététicienne nutritionniste, sur le site de L'Express. Menu végétarien ou pas, les plateaux servis dans les cantines doivent répondre à des critères précis de protéines, de fer ou encore de calcium. Et il n'est pas nécessaire d'avoir des produits d'origine animale pour atteindre ces objectifs.

Ainsi, pour le fer, "il faut associer correctement les féculents et les légumineuses, par exemple riz et haricots rouges, ou riz et lentilles", explique Florence Foucaut. "Un menu végétarien équilibré doit aussi prévoir des crudités et/ou des fruits frais dont la teneur en vitamine C contribue à l'absorption du fer contenu dans les végétaux", précise-t-elle.

Les risques de carence ne peuvent provenir que d'un délaissement par l'enfant de certains aliments dans l'assiette – ce qui était déjà le cas avec les menus non-végétariens. Rappelons aussi que les repas pris à la cantine ne représentent souvent qu'une partie minoritaire de l'alimentation des enfants, dont les petits déjeuners, dîners et repas du week-end sont consommés à la maison.

"Cela va me coûter plus cher"

Il y a peu de risques que le projet d'Yves Jégo ait un impact sur le budget des familles. "Si on supprime la viande, qui reste l'aliment le plus cher d'un repas, on gagne des marges pour les légumes", assure l'élu centriste. "Les repas végétariens coûtent moins cher que les menus avec viande", abonde Célia Blauel, maire adjointe de Paris, sur le site du Figaro. Dans la capitale, plusieurs cantines proposent déjà de tels menus, avec pizzas, lasagnes ou couscous de légumes.

Mais la mise en place de deux menus différents ne risque-t-elle pas d'entraîner des surcoûts, liés à une deuxième chaîne de fabrication ? A Saint-Etienne, où une alternative végétarienne est proposée depuis le 1er janvier, le prix des menus est resté le même, grâce notamment à une baisse du gaspillage, souligne le site de Terra Eco.

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