Islam : l'ex-directeur du CCIF lance une consultation nationale

Marwan Muhammad a fait cette annonce dans une tribune publiée par "Le Monde".

L\'ex-porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad, le 26 août 2016 à Paris.
L'ex-porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad, le 26 août 2016 à Paris. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Une consultation pour mieux représenter les musulmans de France. Marwan Muhammad, ancien directeur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), annonce le lancement d'une consultation de ses coreligionnaires musulmans, dans l'espoir de mieux les représenter et de "poser les fondations d'une relation constructive avec l'Etat", dans une tribune publiée mercredi 9 mai par Le Monde.

Ce statisticien, ancien trader et ex-diplomate âgé de 39 ans, bénéficie d'une certaine audience sur les réseaux sociaux, où il est suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Français né de père égyptien, il est vu par ses détracteurs comme un redoutable militant de l'islam politique, voire un fils spirituel de l'intellectuel Tariq Ramadan, ce dont il se défend en se présentant comme un "musulman lambda".

Une critique du Conseil français du culte musulman

Sa tribune dans Le Monde, qui renvoie sur un site web intitulé consultationdesmusulmans.fr, paraît quelques semaines après que le président Emmanuel Macron a dit son intention de "poser les jalons de toute l'organisation de l'islam de France" avant la fin du premier semestre. "Après plusieurs générations, les musulmans n'ont toujours pas d'instance représentative d'ampleur nationale qui soit à la hauteur des enjeux de notre temps", estime Marwan Muhammad, évoquant une "paralysie totale" et un "débat inexistant". "L'interminable déshérence du CFCM", le Conseil français du culte musulman mis en place en 2003, "n'en est qu'une triste illustration".

"Les ministres de l'Intérieur successifs ont choisi leurs interlocuteurs comme un fait du prince et les musulmans, au mépris du principe de laïcité, ont dû s'en accommoder. (...) L'Algérie, le Maroc puis la Turquie ont vu leurs représentants nommés à la tête de l'institution dont les musulmans, agacés, lassés puis désabusés, ont fini par ne plus rien attendre", écrit l'ex-porte-parole du CCIF. "Est-ce qu'il n'est pas aujourd'hui temps de remédier enfin à cette situation ? Est-ce que le moment est venu, pour tous les musulmans, de prendre leur destin en main et de s'organiser selon leurs choix ?", s'interroge-t-il.