Comment se décide la date de début du ramadan ?

On saura samedi 4 mai si le ramadan commence dimanche ou lundi, en fonction des observations des instances de l'islam. Car il existe plusieurs méthodes pour définir la date de début de cette période importante du calendrier musulman.

Un homme tient un Coran sur un marché de Barbès, à Paris, le 27 mai 2017.
Un homme tient un Coran sur un marché de Barbès, à Paris, le 27 mai 2017. (BENJAMIN CREMEL / AFP)

Le ramadan commencera-t-il dimanche 5 ou lundi 6 mai ? Les grandes instances de l'islam de France vont déterminer le début de ce mois de jeûne pour les musulmans samedi 4 mai à l'occasion de la "nuit du doute", ou nuit de l'annonce, en observant le début de la nouvelle lune. Une méthode qui ne fait pas forcément l'unanimité au sein de la communauté musulmane.

Une histoire de lune

À la sortie de la prière, dans le 15e arrondissement, Mamadou, la soixantaine, est catégorique. Il n'y a qu'une seule manière de savoir quand commence le ramadan : "C'est la grande mosquée qui annonce la date. Si on n'a pas vu la lune, on ne peut pas prévoir le ramadan."

Cette méthode de l'observation lunaire est la plus répandue. Elle annonce le début de ramadan un ou deux jours à l'avance. D'autres défendent plutôt une approche basée sur l'astronomie, qui permet de savoir beaucoup plus tôt quand le mois de jeûne commencera et donc de mieux s'organiser. "Il y a une méthode scientifique que tout le monde peut suivre, indépendamment de l'avis des institutions et des États, détaille Moujahed. Tout le monde peut savoir avec précision où se trouve la lune. Il suffit d'appliquer le résultat de ce calcul."

La nécessité du consensus

Mais en se basant uniquement sur l'observation, il est possible que l'on aperçoive le croissant de lune dans un pays et pas dans un autre. En 2013, le Conseil français du culte musulman décide alors de tester le calcul scientifique. Sauf que la méthode a déstabilisé les fidèles. "Le CFCM avait appelé à commencer le jeûne le lendemain, alors que d'autres pays musulmans, dont l'Arabie saoudite, ne commençaient que le surlendemain" détaille Anouar Kbibech, vice-président du CFCM.

Pour qu'il y ait consensus, le CFCM se base désormais sur trois critères. Le premier est le rapport de l'observatoire de Paris qui indique si le croissant lunaire est visible ou pas. Le deuxième est le résultat des calculs scientifiques qui permet de savoir s'il y a possibilité d'observation du croissant lunaire. Le troisième critère est l'ensemble des décisions prises par les pays musulmans. "En croisant ces trois critères, le CFCM annonce le début du ramadan à l'ensemble des musulmans de France" conclut Anouar Kbibech.

L'important pour le vice-président du CFCM est que les musulmans entament le ramadan dans l'unité et la sérénité. Pendant un mois, ils devront jeûner pendant la journée, se montrer généreux et tolérants, ou encore ne pas fumer ni avoir de rapports sexuels tant que le soleil n'est pas couché.