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Qui souffre de la solitude en France?

Dans une enquête, la Fondation de France relève une augmentation de l'isolement des Français depuis 2010. Aujourd'hui, 5 millions de personnes souffrent de solitude.

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De plus en plus de Français souffrent d'isolement, selon un rapport de la Fondation de France publié le 7 juillet 2014. (PICTURE-ALLIANCE / AFP)

Les Français sont de plus en plus seuls. En 2010, ils étaient quatre millions à n'avoir aucune relation sociale au sein des cinq réseaux de sociabilité (familial, professionnel, amical, affinitaire ou de voisinage). En 2014, cinq millions de Français, soit un sur huit, souffrent de solitude, selon une étude de la Fondation de France dévoilée lundi 7 juillet

En outre, "un Français sur dix se sent exclu, abandonné ou inutile", note la Fondation de France. Le rapport signale également qu'un Français sur trois risque de basculer dans l'isolement. Francetv info revient sur les principaux enseignements de cette étude.

Les personnes âgées sont les plus touchées

Un quart (26%) des personnes en situation d'isolement ont plus de 75 ans. Cette proportion est en constante augmentation. Celle-ci s'explique notamment par la hausse de la part des personnes âgées en situation de handicap (+5 points par rapport à 2010).

La perte d'autonomie et la maladie ont en effet un impact négatif sur le maintien ou le développement de la vie sociale. 38% des personnes exposées au handicap n'ont pas de réseau amical actif, contre 25% pour le reste de la population. De même, 46% ont peu de contacts familiaux, contre 39% pour les personnes valides.

En outre, la part des 30-39 ans en situation d'isolement a sensiblement augmenté. Alors qu'ils étaient seulement 3% à souffrir de solitude en 2010, ils sont désormais 7% en 2014.

Une solitude plus prégnante dans les grandes villes

De plus en plus de personnes estiment n'avoir que très peu de contacts avec leurs voisins, au-delà du "bonjour-bonsoir". Ainsi, 36% des Français jugent avoir peu d'échanges avec leurs voisins (contre 31% en 2010), et 19% déclarent n'avoir aucun contact avec eux. 

Cette indifférence est plus prégnante dans les grandes agglomérations. Plus la taille de la commune augmente, plus les personnes interrogées affirment qu'il est difficile de nouer des liens. 29% des personnes résidant au sein des villes de plus de 100 000 habitants ne connaissent pratiquement personne autour de chez elles, contre 19% pour les habitants des zones rurales.

Enfin, le manque de liens sociaux est davantage perceptible dans les quartiers HLM. Parmi les habitants du parc social, 24% jugent "très difficile" de se faire des amis, contre 16% pour les habitants du parc privé. 

Une vie sociale centrée autour d'un seul réseau

Le rapport met en lumière les difficultés des individus à diversifier leurs réseaux sociaux. De plus en plus de personnes ont une vie sociale qui s'organise autour d'un seul réseau, qu'il soit familial, amical, professionnel, associatif ou de proximité. La part de ces individus "mono-réseaux" est passé de 23% en 2010 à 30% en 2014.
 
Cette hausse concerne en particulier les inactifs, les personnes aux revenus faibles et les moins de 40 ans. Le type de réseau varie selon le profil des individus. Ainsi, les jeunes urbains aux faibles revenus sont "surreprésentés parmi les personnes dont les sociabilités s’organisent pour l’essentiel autour du réseau amical, explique l'étude. Ils semblent, au moins pour un temps, avoir pris des distances avec leurs familles, ne sont pas encore insérés professionnellement et n’entretiennent pas de relations avec leurs voisins."

Les personnes âgées en zone rurale et souffrant de problème d'autonomie sont surreprésentées parmi les personnes dont la vie sociale s'organise essentiellement autour du réseau de voisinage. "Les personnes en couple et ayant des enfants au domicile, les bas revenus et les locataires du parc HLM sont surreprésentés parmi les personnes dont les sociabilités s’organisent essentiellement autour du réseau familial", ajoute l'étude, qui souligne la fragilité de ces mono-réseaux : "Une séparation, un déménagement, une perte d’emploi, une brouille peuvent mettre en péril l’intégration de ces individus à la vie sociale."
 
Si le chômage est un des facteurs qui expliquent le plus l'isolement, le rapport montre toutefois que le travail est de moins en moins intégrateur, même pour les personnes en CDI. Le pourcentage des actifs en emploi confrontés à l'isolement passe ainsi de 4% en 2010 à 7% en 2014.

 

Etude de l’institut TMO Régions pour la Fondation de France. L’enquête, conduite selon la méthode des quotas, a été réalisée par téléphone auprès de 4 007 personnes âgés de 18 ans et plus, entre le 8 janvier et le 4 février 2014.

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