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Quand la Cour des comptes incendie les pompiers

Un rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi épingle la gestion des pompiers professionnels dépendant des Sdis (Services départementaux d'incendie et de secours). Elle note une hausse des dépenses de 4,8% par an entre 2002 et 2010, principalement à cause des charges de personnel. Elle pointe aussi des centres peu actifs et des gardes non effectuées.
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Radio France
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 (Yves Herman Reuters)

Actualisé à 17h30 (réaction de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers ) :

Pas sûr que la Cour des comptes achète son calendrier des pompiers cette année. A en croire le rapport qu'elle publie aujourd'hui, elle trouve que les soldats du feu professionnels coûtent déjà trop cher. Elle a étudié le fonctionnement de 50 Sdis (Services d'incendie et de secours) sur les 93 de métropole, ainsi que les brigades de Paris et de Marseille, composées de militaires. Et elle en a noté les dysfonctionnements, comme elle le fait pour chaque service public sur lequel elle pose son regard acéré.

Elle a tout d'abord tiqué sur la facture globale. Elle constate qu'entre 2002 et 2010, les dépenses consacrées aux pompiers ont augmenté de 4,8% par an, ce qu'elle impute aux charges de personnels : le nombre de pompiers a augmenté de 19% sur la période, et le nombre des personnels administratifs de 45%, "ce qui parait élevé ", commente la Cour.

Elle estime ensuite que le recours à des pompiers professionnels plutôt qu'à des volontaires pour effectuer des gardes de 24 h provoque un surcoût. Elle recommande d'inverser la vapeur, la masse salariale de 197.300 pompiers volontaires étant dix fois moins importante que celle des 40.300 professionnels. La proposition a toute les chances de provoquer la colère des syndicats de professionnels.

Les sages prônent par ailleurs une diminution du nombre de centres de secours. Il est déjà passé de 8.600 à 7.200 l'an dernier, mais ils estiment que certains d'entre eux ont encore une activité trop réduite.

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers, qui regroupe plus de 260.000 pompiers, s'est opposé à la fermeture de casernes supplémentaires, ce qui risquerait d'avoir des effets sur le recrutement de volontaire, estime-t-elle. Elle craint aussi une augmentation du nombre de gardes de nuit pour ces mêmes volontaires et se demande pourquoi la Cour ne mesure pas aussi "les gains économiques obtenus au regard des vies sauvées, des victimes secourues, des emplois sauvegardés ou des biens préservés par l'intervention des sapeurs-pompiers? "

 

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