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Prisons : au moins deux tiers des détenus libérés ont des troubles psychiatriques ou liés à une addiction, selon une étude

Cette étude, financée par la DGS et Santé publique France, pointe aussi que la sévérité des troubles psychiques chez les femmes à la sortie de détention est bien supérieure à celle des hommes.
Article rédigé par France Info
Radio France
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Un détenu et un gardien de prison marchent dans un couloir de la prison de Gradignan, près de Bordeaux, le 3 octobre 2022. (THIBAUD MORITZ / AFP)

Les résultats de l’étude épidémiologique sur la santé mentale des détenus libérés rendue publique lundi 20 février, révèlent que les deux tiers des hommes et les trois quarts des femmes présentent au moins un trouble psychiatrique ou lié à une addiction à leur libération de prison.

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Cette étude a été menée par la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale Hauts-de-France, et a été financée par la direction générale de la santé et Santé publique France. Dans le détail, elle pointe que la moitié des personnes interrogées est concernée par une addiction. Autre constat, un tiers des hommes et la moitié des femmes sont concernés par des troubles anxieux ou des troubles thymiques (comme la dépression). Cette étude souligne aussi qu'un quart des hommes et la moitié des femmes sont sujets aux insomnies.

Une prévalence des traumatismes subis dans l’enfance

En outre, la sévérité des troubles psychiques chez les femmes à la sortie de détention est bien supérieure à celle des hommes. Environ un tiers des hommes sont considérés comme modérément à gravement malade, contre près de 60% des femmes. Le risque suicidaire est par ailleurs estimé à 27,8% chez les hommes contre 59,5% pour les femmes. En ce qui concerne le parcours de soins, l'étude montre que la majorité des participants et participantes ont pu bénéficier durant l'année d’au moins une consultation par un médecin généraliste et par un professionnel de santé mentale, respectivement 89,6% et 96,2%.

Autre constat marquant : la prévalence des traumatismes subis dans l’enfance. Ce sont 98,2% des participants et 99,2% des participantes qui ont été exposés à au moins un traumatisme (négligence ou abus) dans l’enfance.

"Une réflexion sur les alternatives à l’incarcération" nécessaire

Le rapport note le besoin de prévention du suicide des personnes écrouées au travers notamment le développement des formations des professionnels de santé et pénitentiaires. Enfin, selon les conclusions du rapport, "les résultats plaident en faveur d’une réflexion sur les alternatives à l’incarcération pour les personnes ayant des troubles psychiques".

L'étude Santé mentale en population carcérale sortante (SPCS) inclut 586 répondants masculins répartis dans 26 maisons d'arrêt. Il y a 131 femmes de quatre maisons d'arrêt qui ont également répondus. Les personnes ont été rencontrées par les enquêteurs dans les 30 jours précédents leur libération.

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