Libération de Michel Cardon : la réinsertion ressemble à "une remontée vers l'air libre pour le plongeur"

Michel Cardon, l'un des plus vieux détenus de France, va retrouver la liberté après 40 ans de prison. Sa sortie devra se faire progressivement "sinon cela peut provoquer une déflagration", a expliqué samedi sur franceinfo l'ancien juge de l'application des peines Philippe Laflaquière.

L\'ancien juge de l\'application des peines Philippe Laflaquière, à Toulouse (Haute-Garonne) le 12 octobre 2007.
L'ancien juge de l'application des peines Philippe Laflaquière, à Toulouse (Haute-Garonne) le 12 octobre 2007. (MAXPPP)

Il était l'un des plus vieux détenus de France. Michel Cardon, 67 ans, va être libéré au mois de juin prochain après près de 40 années passées en prison après une décision du tribunal de l'application des peines d'Arras (Pas-de-Calais). L'ancien juge de l'application des peines Philippe Laflaquière a comparé samedi 31 mars sur franceinfo "la réinsertion d'une très longue peine à une remontée vers l'air libre pour le plongeur. Il faut la faire par palier, sinon cela peut provoquer une déflagration." 

Pour les détenus sortant après de longues peines, le retour à la vie réelle n’est pas forcément une libération mais peut se révéler un défi insurmontable pour des personnes désocialisées, coupées de leur famille et sans projet professionnel. Philippe Laflaquière explique que certains détenus ayant purgé de longues peines, provoquent des incidents en détention à quelques mois de leur libération pour éviter de sortir. 

"Par étapes"

Une sortie "réussie" doit être minutieusement préparée "par étapes" assure l'ancien juge, qui a prononcé en dix ans près de 700 libérations conditionnelles de détenus condamnés à des longues peines. Michel Cardon va bénéficier "de sorties, accompagné de travailleurs sociaux pour commencer, ne serait-ce que quelques heures à se réhabituer à la vie libre." 

D'ici sa sortie définitive au mois de juin, Michel Cardon va bénéficier de trois permissions de sortie au cours des mois d'avril et de mai prochain. Le 1er juin, il rejoindra un centre d'hébergement et de réinsertion sociale dans le Val-d'Oise où il devra régulièrement se soumettre à des soins psychologiques et psychiatriques. Victime, il y a quelques années d’un AVC, Michel Cardon n'a pas vraiment de projet de vie. Selon son avocat, "il va devoir tout réapprendre."