DOCUMENT FRANCE 2. "Je ne me vois pas remettre les pieds à la prison" : une surveillante agressée témoigne

Un témoignage exclusif : Carole, surveillante, est la victime de l'agression qui s'est déroulée mardi 16 janvier au centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône)

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Carole, surveillante de prison, a été agressée par un détenu cette semaine au centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône). La veille d'une opération chirurgicale, elle revient sur l'attaque qu'elle a subie, en exclusif pour France 2. "Je suis là avec mes collègues, nous sommes trois collègues, côte à côte. Il vient vers moi, me demande très calmement : 'Est-ce que je peux vous parler ?' Et en fait, ça va tellement vite. Je prends un coup, un coup de coude au visage, très violent", explique-t-elle.

Des demandes précises

Pommette enfoncée, os malaire fracturé : la moitié de son visage est paralysée. Le détenu affirme qu'il l'a agressée pour être transféré d'office dans un autre établissement. Mais pour Carole, s'il s'en est pris à une femme, c'est pour des raisons religieuses. "Il a déjà agressé un personnel féminin dans un autre établissement. Il était suivi pour radicalisation", précise-t-elle. Mais ça, elle ne l'a appris qu'après l'agression. "Tout détenu ou suspect d'être radicalisé devrait être dans des établissements spécialisés, on ne devrait pas les mettre avec les autres", estime la femme, tout en affirmant qu'elle ne se voit "pas du tout à remettre les pieds dans la prison", car elle a peur. Lundi 22 janvier, ses collègues sont appelés à bloquer la prison de Tarascon et à débrayer, comme partout en France, dès 6 heures du matin.

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Un couloir de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 14 décembre 2017.
Un couloir de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 14 décembre 2017. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)