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Pour la majorité des Brésiliens, "une femme peu vêtue mérite d'être violée"

Un sondage gouvernemental a révélé que plus de 50% des Brésiliens étaient d'accord avec l'affirmation qu'"une femme portant des vêtements provocants mérite d'être violée". La parution du sondage a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux dans un pays qui oscille entre culte du corps et catholiscime conservateur. 
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Radio France
Publié Mis à jour
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 (Sergio Moraes Reuters)

Polémique au Brésil : l'IPEA, Institut d'Enquête Economique du gouvernement brésilien, a publié cette semaine un sondage dans lequel 65,1% des 3810 citoyens Brésiliens interrogés étaient d'accord avec l'affirmation que "les femmes portant des vêtements provocants qui laissent voir leur corps méritent d'être violées ". Ils étaient également 58,5 à cautionner le fait que "si les femmes se comportaient mieux, il y aurait moins de viols ".

La publication du sondage a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux. La journaliste et militante Nana Queiroz a lancé une page Facebook, imitée par de multiples autres, intitulée "Je ne mérite pas d'être violée ". Des milliers de femmes ont répondu à son appel, postant des photos d'elles peu vêtues voire topless et arborant le slogan sur leur corps : plus de 22.000 photos et affiches ont afflué sur le réseau social.

Conservatisme et culte du corps

La présidente brésilienne Dilma Roussef a également témoigné de son indignation dans un tweet rappelant que "la société brésilienne [avait] encore beaucoup de progrès à faire ".

Ce sondage s'inscrit dans un pays au climat particulier : le Brésil balance entre conservatisme catholique et culte du corps. "Le plus surprenant est qu'il est permis de se dévêtir pendant le carnaval mais pas dans la vie réelle ", a souligné la créatrice de la page Facebook. 

Un paradoxe avec lequel la présidente Dilma Roussef a été contrainte de composer sur le dossier de la protection des victimes de violences sexuelles. L'Eglise catholique y voyait un premier pas vers la légalisation de l'avortement, qui est pour l'heure uniquement autorisé en cas de viol ou lorsque la vie de la mère est en danger.

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