Plus de 7 millions d’euros pour le timbre le plus cher du monde

Un minuscule timbre postal imprimé au 19e siècle en Guyane britannique, le One-Cent Magenta, a été vendu aux enchères à New York pour la somme record de 7,1 millions d'euros.

(Un visiteur regarde le timbre lors de son exposition avant la vente, à Londres le 2 juin © REUTERS / Suzanne Plunkett)

Il mesure à peine plus de deux centimètres. Imprimé en noir sur fond rouge, décoré du dessin d'un bateau et de la devise d'une ancienne colonie britannique, le One-Cent Magenta, surnommé "la Mona Lisa des timbres ", est devenu le 16 juin à New York le timbre le plus cher jamais vendu aux enchères.

La maison d'enchères Sotheby's l'avait estimé entre 10 et 20 millions de dollars. Après deux minutes d'enchères dans une salle comble, le timbre a finalement été adjugé à 9,5 millions de dollars.

"Avec les frais, le timbre a juste atteint 9,5 millions (7,1 millions d'euros), ce qui veut dire qu'il a battu un nouveau record mondial ", s'est réjoui le responsable de la vente, David Redden. Le précédent record remontait à 1996. Un timbre suédois de 1855, "Tre Skilling ", avait alors été vendu 1,8 millions de d'euros.

Un timbre habitué des salles de vente

L'histoire du One-Cent Magenta remonte à 1856. A l'époque, la Guyane britannique, colonie d'Amérique latine, recevait ses timbres par bateau depuis l'Angleterre. Cette année-là, les cargaisons sont retardées et le chef des postes demande au journal local de lui fabriquer des timbres : certains de un et quatre centimes, couleur magenta, et des bleus à quatre centimes. Du magenta à un centime, il ne reste qu'un exemplaire connu.

Il a été redécouvert en 1873 dans des documents familiaux par un Ecossais de douze ans, qui vivait alors dans la colonie d'Amérique latine. D'abord vendu quelques shillings par le garçon à un collectionneur local, ce dernier l'envoie à Glasgow pour le faire étudier. En 1878, il est acheté à Liverpool par un comte français, qui le lègue à sa mort à un musée... de Berlin. Le voyage ne s'arrête pas là. A la fin de la Première Guerre mondiale, le petit timbre est saisi par la France au titre des réparations.

La série de ventes aux enchères commence alors : il est vendu une première fois en 1922 à un Américain, une deuxième fois en 1970 pour la somme record de 280.000 dollars (l'équivalent de 206.000 euros) , et une troisième fois en 1980 pour 935.000 dollars (690.000 euros). Son dernier propriétaire meurt en prison en 2010 : ce sont les gestionnaires de son patrimoine qui mettent le timbre en vente cette année.