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Obsèques : le boom de la crémation et des funérailles streaming

Vendredi 1er novembre, l'Eglise catholique fête la Toussaint, ou fête de tous les saints. La fête des morts, ce sera demain samedi. Comme de tradition, les vivants se rendront au cimetière pour fleurir la tombe de leurs proches disparus... Ou au columbarium. La crémation est de plus en plus plébiscitée par les Français. Tout comme les cimetières virtuels et les funérailles à distance. L'occasion d'un gros plan sur l'émergence de ces nouvelles pratiques funéraires et leur coût.
Article rédigé par Cécile Mimaut
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (Christophe Petit Tesson Maxppp)

Aux alentours de 3.500 euros en moyenne pour une inhumation, 2.500 euros pour une crémation. Cette seconde option est choisie par de plus en plus de Français, un tiers des décès à l'heure actuelle. Et cela pourrait représenter jusqu'à la moitié des obsèques en 2030, selon les projections. 

Mais les tarifs sont très différents en
fonction des villes. Une quarantaine de crématoriums seulement dépendent de régies publiques.
Les autres appartiennent à des sociétés privées. Le service même de la crémation peut
donc varier du simple au double, de 400 à 600 euros en moyenne, voire au-delà de
700 euros. Même chose pour tous les frais annexes qui peuvent se chiffrer
jusqu'à 6.000 euros. Il faut compter parfois plus de 1.000 euros pour certaines
offres florales, quand les premiers prix ne dépassent pas quelques centaines d'euros.

A cela s'ajoutent également plusieurs
taxes. La police peut faire payer le scellé du cercueil, qui est obligatoire
pour une crémation. La commune a le droit d'instaurer une redevance si elle a
la gestion du crématorium. Enfin, même si c'est une entreprise privée qui gère,
la ville peut se dédommager avec une taxe de crémation, tout simplement pour
avoir l'équipement sur ses terres.

Le marché du funéraire tourné vers l'avenir

A l'heure d'Internet,
des téléphones mobiles et des tablettes, les obsèques s'organisent et se vivent
de plus en plus souvent à distance. Cartes électroniques pour les faire-part de
décès et les messages de condoléances, choix du cercueil sur catalogue
numérique, organisation de la cérémonie et
paiement en ligne...

Selon Philippe
Martineau, à la tête du Choix Funéraire , réseau de commerçants indépendants du
funéraire et deuxième opérateur
français en parts de marché (10 %), les professionnels "quittent la logique
de vente de produits pour une logique de vente de services
". Et parmi ces
nouveaux services bientôt proposés par l'entreprise, une liste obsèques sur le
modèle des listes de mariage en ligne "pour éviter des achats inutiles ",
explique Philippe Martineau. 

Obsèques streaming, plus pratique et moins cher

D'autres sociétés, comme Afterweb Venture, ont misé sur le streaming en développant une technologie, en partenariat avec des crematoriums, permettant
de suivre en direct sur Internet des cérémonies funéraires. Cette pratique permet notamment à la famille
éloignée de participer sans se déplacer. Il suffit pour cela de se connecter à
un serveur sécurisé via un code d'accès.

Cérémonies filmées et retransmises en direct sur un ordinateur ou un smartphone, cimetières virtuels, ou encore
sépultures connectées, ces nouvelles pratiques séduisent aussi et peut être surtout par leur prix, beaucoup
moins élevé que celui des cérémonies traditionnelles. 

Ainsi, le coût moyen de la
diffusion des funérailles en direct s'élève à 250 euros tandis que le prix d'un cimetière
virtuel oscille entre 50 et 200 euros par an. Un argument de poids en temps de
crise. "Sur 15 décès effectués par
Eco Plus Funéraire (segment low-cost du réseau de commerce associé Le Choix
Funéraire), la moitié a été
réalisée grâce au site Internet
", indique Franck Andrio, responsable de
l'agence Eco Plus Funéraire Nice.

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