Une association dénonce la présence de titrium, une substance radioactive, dans l'eau du robinet de 6,4 millions de Français

L'eau de 268 communes pourrait être contaminée par ce produit radioactif rejeté par les centrales nucléaires. Si les seuils sont inférieurs aux limites légales, l'association s'inquiète de la présence d'autres polluants.

La centrale nucléaire de Fessenheim, photographiée le 18 mars 2014 (image d\'illustration)
La centrale nucléaire de Fessenheim, photographiée le 18 mars 2014 (image d'illustration) (SEBASTIEN BOZON / AFP)

L'eau du robinet consommée par plusieurs millions de personnes en France serait-elle dangereuse pour la santé ? L'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (Acro) dénonce, mercredi 17 juillet, une "contamination" radioactive de l'eau potable. Pas moins de "6,4 millions de personnes sont alimentées par de l'eau contaminée au tritium" selon "des données fournies par le ministère de la Santé", affirme le laboratoire de l'association basé à Hérouville-Saint-Clair, dans l'agglomération de Caen (Calvados).

Cependant, "aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L (Becquerel par litre) instauré par les autorités sanitaires", reconnaît l'Acro. Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), bras technique de l'Autorité de sûreté nucléaire, cette limite n'est pas "sanitaire" mais doit déclencher, lorsqu'elle est dépassée, "une investigation complémentaire pour caractériser la radioactivité de l'eau".

D'autres polluants radioactifs dans l'eau ?

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande pour sa part "une valeur guide de 10 000 Bq/L pour le tritium dans l'eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l'eau", rappelle l'IRSN. Bien au-delà, donc, du seuil fixé par les autorités santaires françaises. Mais pour l'Acro,"la présence régulière dans l'eau du robinet de tritium rejeté par les centrales nucléaires met en évidence un risque de contamination d'autres polluants radioactifs à des niveaux beaucoup plus élevés".

Le laboratoire considère en effet le tritium comme un "lanceur d'alerte""En cas d'accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne, ou la Loire, il n'y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d'être privées d'eau potable", poursuit l'Acro.

268 communes concernées, dont 122 en Île-de-France

La "carte exclusive de la contamination radioactive de l'eau potable en France métropolitaine", publiée par l'Acro à partir des données du ministère, "fait apparaître plusieurs zones avec une présence régulière de tritium dans l'eau du robinet", notamment le long de la Seine, de la Vienne et de la Loire, "à cause des rejets radioactifs" de centrales nucléaires, selon le communiqué.

Selon l'association, 268 communes sont concernées, parmi lesquelles des villes comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d'Ile-de-France. En Côte d'Or, sept communes sont touchées, toutes situées autour du site d'armement nucléaire de Valduc sur la commune de Salives, comme le rapporte France bleu.