Recul sur la baisse du nucléaire à 50% en 2025 : Nicolas Hulot "fait une erreur extrêmement grave", selon Greenpeace

Pour Alix Mazounie, de Greenpeace, l'objectif de baisser la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025, était atteignable. Il dénonce "une erreur extrêmement grave" du ministre de la Transition écologique.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, au marché de Rungis, le 11 octobre 2017. 
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, au marché de Rungis, le 11 octobre 2017.  (FRANCOIS MORI / POOL)
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franceinfoRadio France

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Nicolas Hulot a annoncé, mardi 7 novembre, qu'il allait revoir l'objectif fixé par le gouvernement de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production française d'électricité d'ici 2025. Invité de franceinfo mercredi, Alix Mazounie, chargée de campagne spécialisée sur le nucléaire pour Greenpeace, pointe "une erreur extrêmement grave" du ministre de la Transition écologique et solidaire, alors que cette baisse était faisable.

franceinfo : Était-il impossible de fermer plus de 20 réacteurs nucléaires d'ici huit ans ?

Alix Mazounie : Non, pour nous il [Nicolas Hulot] fait une erreur extrêmement grave en repoussant cette échéance de cinq à dix ans parce qu'il détricote le moteur de la loi sur la transition énergétique. On n'a jamais dit que c'était facile. En revanche, c'est faisable de réduire la part du nucléaire et les gaz à effet de serre en fermant des centrales à gaz et à charbon.

Justement, Nicolas Hulot affirme qu'il faudrait rouvrir des centrales à gaz et à charbon pour fermer des réacteurs nucléaires.

Il se base sur certains scénarios avec certaines hypothèses, alors que d'autres recommandent comme souhaitable et indispensable de maintenir le cap de 2025. Sinon, nous allons ralentir la transition énergétique. Finalement, le fond du problème est notre parc nucléaire. Il n'est plus en capacité de répondre à la demande en électricité des Français. Il est vieillissant, de plus en plus défaillant. Réseau de Transport d’Électricité (RTE) reconnaît que le nombre d'arrêts et de pannes techniques ne cesse d'augmenter. On se retrouve à devoir importer et consommer du charbon allemand pour couvrir les points hivernales, parce que notre parc nucléaire n'est plus en état. C'est un comble !

Est-on vraiment à cinq ou dix ans près aujourd'hui ?

Oui, parce que la plupart des réacteurs vont arriver à échéance, à l'âge fatidique des 40 ans, ce qui pose la question du réinvestissement ou non dans notre parc nucléaire, et la question de notre capacité à assurer la sécurité des Français sur le territoire. Nous avons un tas de solutions à portée de main comme les énergies renouvelables ou économies d'énergie grâce à l'isolation des logements. Le problème c'est que RTE reste une filiale d'EDF, dont l'intérêt est de maintenir et prolonger son parc nucléaire à tout prix.

Nicolas Hulot a-t-il cédé aux lobbys ?

On est très inquiets sur son rôle au gouvernement : pourquoi y est-il ? Que compte-t-il y défendre ? La première fois où on l'a vu cédé, faiblir face aux intérêts industriels c'était la loi hydrocarbures. On a besoin qu'il soit là pour protéger et accélérer la transition énergétique. Il ne doit pas se faire le porte-parole de ceux qui n'en veulent pas, EDF au premier plan.