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Négociations entre les écologistes et le PS : derrière le nucléaire, les circonscriptions législatives

Depuis la victoire de François Hollande à la primaire citoyenne, les relations se sont tendues entre les écologistes et le PS. Les Verts, qui étaient plus favorables à Martine Aubry, craignent de devoir restreindre leurs ambitions électorales.
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Cécile Duflot, secrétaire nationale d'EELV (BERTRAND GUAY / AFP)

Depuis la victoire de François Hollande à la primaire citoyenne, les relations se sont tendues entre les écologistes et le PS. Les Verts, qui étaient plus favorables à Martine Aubry, craignent de devoir restreindre leurs ambitions électorales.

Les négociations du Parti socialiste avec Europe-écologie-Les Verts (EELV) ont pris une autre dimension depuis la victoire de François Hollande à la primaire du PS. Et plus encore depuis son investiture officielle, samedi, à Paris. Membre de son équipe pendant cette primaire, la députée Aurélie Filippetti estime que Cécile Duflot (EELV) ne peut pas "poser un flingue sur la tempe" de M. Hollande à l'occasion de ces négociations.

Dans la dernière livraison du Journal du Dimanche, la secrétaire nationale écologiste déclarait que ses amis sont "prêts au compromis" avec les socialistes pour les législatives de 2012 et pour un accord de gouvernement, mais "prêts aussi à constater qu'il n'y a pas d'accord".

Ancienne dirigeante des Verts dont elle a été la porte-parole au début des années 2000, Aurélie Filippetti, qui a rejoint le PS fin 2006, lui a répondu vertement, lundi, dans un entretien publié sur le site leJDD.fr. "Ils ne sont plus en position d'exiger quoi que ce soit", assène la députée socialiste de Meurthe-et-Moselle, en parlant des écologistes.

Pas de flingue sur la tempe

"Cécile Duflot ne peut pas poser un ultimatum à François Hollande ni lui poser un flingue sur la tempe. Cela ne marchera pas comme ça. Nous sommes bien sûr ouverts à la discussion. Mais une discussion, ce n'est pas un ultimatum, c'est un échange", ajoute Mme Filippetti, en faisant part d'un sentiment qui lui paraît fâcheux : "j'ai l'impression que les écolos se moquent de la victoire de la gauche", dit-elle.

C'est la question de la sortie du nucléaire qui au centre de la discussion entre les deux partis. Et plus précisément la vitesse de sortie. Dans les débats de la primaire du PS, Martine Aubry avait voulu se montrer plus proche des thèses de EELV que M. Hollande. Les Verts, du reste, s'étaient montrés sensibles à cette sollicitude.

Sans se prononcer ouvertement en faveur de la maire de Lille, ses dirigeants - le nouveau sénateur Jean-Vincent Placé en tête - cachaient mal leur préférence. A l'évidence, cet épisode a laissé des traces dans le camp hollandais.

EELV a sa ligne, le PS en a une autre

Porte-parole du PS, représentant de l'aile gauche du parti et soutien de Mme Aubry dans la primaire, Benoît Hamon s'est aligné sur la ligne plus ferme des amis de M. Hollande à l'égard des écologistes. A l'occasion d'un point de presse, lundi, il a opéré ce glissement diplomatique en douceur en déclarant : "J'écoute Cécile Duflot. Europe écologie-Les Verts a sa ligne, le PS en a une autre. On discutera".

Au-delà du débat sur l'avenir du nucléaire, des négociations plus prosaïques sur le rapport de forces entre les deux partis forment la toile de fond de ces échanges d'amabilités. Et qui dit rapport de forces évoque inévitablement la répartition des circonscriptions pour les législatives. "Nous sommes en train de bâtir un contrat de gouvernement. Il portera à la fois sur les orientations politiques et sur le périmètre de la majorité, c'est-à-dire qui pèse quoi dans la future majorité", a dit clairement M. Hamon.

A l'aune des sondages actuels qui créditent Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, de moins de 5% des intentions de vote, il est compréhensible que les écologistes se fassent du souci.

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