Les négociations EELV-PS bloquent toujours sur Flamanville

Le chantier de l'EPR de Flamanville, dont EELV souhaite l'arrêt alors que le candidat PS à la présidentielle François Hollande s'y oppose, cristallise les tensions entre les deux partis de gauche. Chacun restait sur ses positions en fin de week-end

Cécile Duflot et Eva Joly.
Cécile Duflot et Eva Joly. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Le chantier de l'EPR de Flamanville, dont EELV souhaite l'arrêt alors que le candidat PS à la présidentielle François Hollande s'y oppose, cristallise les tensions entre les deux partis de gauche. Chacun restait sur ses positions en fin de week-end

Où en sont les négociations entre les écologistes d'EELV et le PS ? Apparemment, rien de nouveau dimanche soir après les déclarations du week-end.

Pas de plan B pour Eva Joly, pas d'ultimatum pour Cécile Duflot

Samedi sur TF1, la candidate EELV pour 2012, Eva Joly a a exigé à nouveau l'arrêt de la construction du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville comme préalable à un accord.

"J'affirme solennellement, tranquillement, fermement, qu'il n'y aura pas d'accord avec les socialistes si nous n'avons pas l'arrêt du chantier de Flamanville. Il n'y a pas de plan B", a-t-elle déclaré. Si aucun accord n'est trouvé, "je porterai toute seule toutes les revendications de sortie du nucléaire et tout le programme écologiste et, j'espère, jusqu'au deuxième tour", a ajouté l'ancienne magistrate.

Au 20h de France 2 samedi comme sur France 5 dimanche, la secrétaire nationale d'EELV Cecile Duflot a prévenu: "On est prêt à n'avoir aucun député si ça nous oblige à renier nos convictions les plus profondes" sur le nucléaire. Elle a reconnu qu'il y avait "une possibilité que l'accord ne se fasse pas". Mais elle a aussi souligné qu'il n'y avait "pas d'ultimatum" et que son parti recherchait "un compromis".

Pierre Moscovici a redit que François Hollande "ferait Flamanville"

Proche de M. Hollande et probable futur directeur de campagne, Pierre Moscovici, a redit dimanche que son champion "ferait Flamanville" s'il était élu président de la République.

Mais dans le même temps, a relevé le député (PS) du Doubs, le PS a fait sur ce thème "des propositions qui sont d'une ambition extraordinaire" comme de proposer de passer de 75% d'énergie électrique d'origine nucléaire aujourd'hui à 50% d'ici 2025. "Quand on fait un accord c'est sur la base du compromis (...) Nous avons mis sur la table des propositions très fortes, il faut que les écologistes réfléchissent aussi", a-t-il poursuivi.

Jean-François Copé s'immisce dans les négociations "au nom de la France"

Vendredi, Jean-François Copé s'était immiscé dans ces négociations en demandant à François Hollande de cesser tout dialogue avec EE-LV "au nom de la France". Le "patron" de l'UMP s'est dit "très inquiet" après les propos du PDG d'EDF Henri Proglio, selon qui l'abandon du nucléaire mettrait en péril un million d'emplois en France. Cécile Duflot a répliqué en le traitant de "VRP politique du lobby nucléaire".