INFO FRANCE INFO. EPR de Flamanville : le couvercle de la cuve au centre des attentions

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) réunit un groupe d'experts lundi et mardi, dans le cadre de l'instruction sur l'anomalie du réacteur de l'EPR de Flamanville. L'enjeu est de savoir s'il faut changer le couvercle de la cuve, révèle franceinfo.

Le démarrage de l\'EPR de Flamanville, ici en chantier en 2015, est prévu pour 2018, si EDF obtient l\'accord de l\'Autorité de sûreté nucléaire.
Le démarrage de l'EPR de Flamanville, ici en chantier en 2015, est prévu pour 2018, si EDF obtient l'accord de l'Autorité de sûreté nucléaire. (MAXPPP)

À partir de lundi 26 juin, et pendant deux jours, des experts du nucléaire se penchent le dossier de la cuve du réacteur de nouvelle génération. Après la découverte d'anomalies en 2014, les analyses sont terminées. À l'issue de cette réunion, l'Autorité de sureté nucléaire dira si EDF peut mettre en service l'EPR de Flamanville, et si oui sous quelles conditions. L'enjeu est très précis. Il s'agit de savoir s'il faut changer le couvercle de la cuve, révèle franceinfo.

La concentration de carbone testée

L'acier de la cuve contient trop de carbone au fond de la pièce et sur le couvercle. Cette caractéristique peut rendre la pièce fragile et propager des fissures. Une hypothèse inadmissible au cœur d'une centrale, là ou se produit la réaction nucléaire. Mais après plus de 2 000 analyses chimiques et mécaniques, 1 600 tests sur des pièces d'acier forgées aussi en 2006 et 2007 à l'usine du Creusot d'Areva, et sur la cuve elle-même à Flamanville, à l'aide d'une méthode d'infrasons, les opérateurs semblent avoir rassuré les inspecteurs de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Quels gages sur le couvercle ?

S'il n'est plus question de changer toute la cuve, il faudra contrôler plus régulièrement les zones contenant trop de carbone. Or, le couvercle se révèle plus compliqué à surveiller qu'un fond de cuve, parce qu'y passent les barres de combustibles. EDF va donc devoir donner des gages lors de cette réunion sur sa capacité à pouvoir faire ces contrôles, si le groupe veut un feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le réacteur pourra-t-il tourner à plein régime ou devra-t-il fonctionner en mode dégradé ? C'est l'une des autres grandes interrogations. L'enjeu est crucial et urgent pour EDF puisque que les autorités chinoises attendent de voir ce qui se passe en France sur cette question, avant de démarrer les deux EPR construits sur leur territoire. 

Le démarrage de l'EPR de Flamanville est prévu pour 2018, si EDF obtient l'accord de l'ASN.