Cet article date de plus de cinq ans.

Fermeture de Fessenheim : "La pression nous semble assez folle et inacceptable"

À quelques heures du vote sur l'avenir de la centrale nucléaire de Fessenheim, Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la Fédération nationale de l'énergie CGT dénonce "une pression qui a été mise depuis plusieurs jours sur les administrateurs indépendants".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, le 14 novembre 2013. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le sort de la centrale nucléaire de Fessenheim devrait être décidé dans l'après-midi du jeudi 6 avril. À 14h, un conseil d'administration ordinaire se tient au siège d'EDF, à Paris. Six représentants des salariés et six administrateurs indépendants doivent se prononcer sur une éventuelle fermeture.

La décision doit être approuvée à la majorité simple. Les six représentants des salariés voteront contre. Tout se joue donc du côté des administrateurs indépendants, dont Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF, puisque sa voix compte double en cas d'égalité.

"Nous avons bon espoir que les administrateurs n'acceptent pas de voter pour la fermeture nucléaire de Fessenheim", a expliqué sur franceinfo Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la Fédération nationale de l'énergie CGT. 

franceinfo : Une fermeture est-elle dans l'intérêt de l'entreprise ?

Marie-Claire CailletaudLes administrateurs doivent veiller à l'intérêt social de l'entreprise. Or Fessenheim rapporte quand même un million par jour, net, à l'entreprise.

Il y a 3 000 emplois à la clé.

Marie-Claire Cailletaud

à franceinfo

L'Autorité de sûreté nucléaire a déclaré qu'elle était sûre et qu'elle pouvait continuer de fonctionner pendant 10 ans. Donc, on ne voit pas ce qui pourrait permettre de justifier un vote pour la fermeture.

Y a-t-il eu des pressions sur la direction d'EDF ?

On voit bien qu'il y a une pression qui a été mise depuis plusieurs jours sur les administrateurs indépendants pour qu'ils puissent voter la fermeture de cette centrale, puisque le vote dépend de leur position. On sait qu'il y a des tractations entre l'Élysée, Ségolène Royal et ses administrateurs indépendants et la direction d'EDF. C'est vrai que la pression nous semble assez folle et inacceptable.

Selon Ségolène Royal, un vote contre la fermeture porterait atteinte aux intérêts de l'entreprise. EDF doit accélérer sa transition vers le renouvelable. La solution n'est-elle pas dans ces énergies ?

Je trouve l'argumentaire assez extraordinaire. Il y a quelques mois, nous, les syndicats, nous sommes opposés assez fortement au gouvernement et à la direction de l'entreprise sur le projet Hinkley Point, qui va engager 20 milliards d'euros pour une construction, un peu aléatoire, de nucléaire [le projet de construction de deux EPR] en Angleterre. Aujourd'hui, elle est en train de mettre en balance le fait que Fessenheim puisse continuer à fonctionner alors que cela rapporte à l'entreprise, on a un peu du mal à la suivre dans son raisonnement.

Fessenheim est la centrale nucléaire la plus ancienne. Est-ce que ce n'est pas logique qu'elle ferme en premier ?

L'Autorité de sûreté a donné son feu vert pour que la centrale continue à fonctionner pendant dix ans. Donc le fait que ce soit la centrale la plus ancienne n'est pas recevable, puisqu'EDF a fait les investissements pour la mettre au niveau de sûreté post-Fukushima. Donc, ce n'est pas une question d'âge, mais d'investissements qui ont été faits.

Marie-Claire Cailletaud : "On voit bien qu'il y a une pression qui a été mise depuis plusieurs jours sur les administrateurs indépendants"
écouter

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Nucléaire

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.