Les enfants nés de la PMA "ne devraient même pas exister" : un proche de Laurent Wauquiez visé par une plainte pour des propos jugés homophobes

L'association Mousse a déposé une plainte, mercredi, pour "provocation à la haine et à la violence" contre Aurane Reihanian, le président des Jeunes avec Wauquiez.

Aurane Reihanian, au centre, avec la marinière, et Laurent Wauquiez, le 3 septembre 2017 aux Estables (Haute-Loire).
Aurane Reihanian, au centre, avec la marinière, et Laurent Wauquiez, le 3 septembre 2017 aux Estables (Haute-Loire). (KONRAD K. / SIPA)

Les enfants nés de la procréation médicalement assistée (PMA) "ne devraient même pas exister". Pour ces propos tenus dans les colonnes de Libération, le président des jeunes avec Wauquiez, Aurane Reihanian, est visé par une plainte pour "provocation à la haine et à la violence". Cette plainte a été déposée, mercredi 13 décembre, par l'association Mousse, qui "lutte contre toutes les formes de discriminations sociales, politiques ou économiques à l’encontre des lesbiennes, gays, bi et trans".

"L'objectif, c'est de mettre un terme à une parole homophobe décomplexée, explique à franceinfo Etienne Deshoulières, l'avocat de l'association. Quand il y a des propos susceptibles de susciter un sentiment de haine à l’encontre des homosexuels ou de l’homoparentalité, Mousse entame une action en justice." Pour le moment, il s'agit d'une plainte simple, pour signaler les faits au procureur de la République de Paris, qui peut décider ou non d'entamer des poursuites pénales.

"C'est dans la même veine que les propos de Jean-Marie Le Pen"

Après la publication de l'article de Libération, Aurane Reihanian avait accusé le journal de "tronquer" sa position. "Je suis contre la PMA pour les couples de même sexe car elle entraînera de facto la GPA. En revanche, je suis évidemment pour la reconnaissance légitime des droits des enfants issus d'une PMA et GPA qui doivent vivre dignement", avait-il tweeté. "Cela veut donc dire qu'il vise les parents. C'est intéressant pour nous judiciairement", commente Etienne Deshoulières. 

Ce n'est pas la première fois que l'association Mousse poursuit une personnalité politique. Elle avait déjà porté plainte contre Christine Boutin, dont le pourvoi en cassation doit être tranché le 9 janvier, et contre Jean-Marie Le Pen, qui sera jugé en première instance le 7 février. La première avait qualifié l'homosexualité d'"abomination", le second avait estimé que la pédophilie avait "trouvé ses lettres de noblesse... interdites, mais tout de même, dans l'exaltation de l'homosexualité".

Pour Etienne Deshoulières, les propos d'Aurane Reihanian "sont plus proches de ceux de Jean-Marie Le Pen que de Christine Boutin". "Les propos de Jean-Marie Le Pen tendent à attribuer un travers psychiatriques aux homosexuels, qui seraient des détraqués. Le refus de l'homoparentalité est dans cette même veine psychiatrique", développe-t-il.