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Luc Chatel a dit mardi sur France Info qu'il comptait "aller au bout de l'assouplissement de la carte scolaire "

Le ministre de l'Education était interrogé sur une enquête de la Cour des comptes selon laquelle 186 des 254 collèges du réseau "ambition réussite" ont perdu des élèves - certains "jusqu'à 10%" - en 2008, du fait de l'assouplissement de la carte scolaire.Les collèges les plus en difficulté risquent de ce fait de devenir des "ghettos scolaires".
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Collégiens en Ile-de-France. (France 3)

Le ministre de l'Education était interrogé sur une enquête de la Cour des comptes selon laquelle 186 des 254 collèges du réseau "ambition réussite" ont perdu des élèves - certains "jusqu'à 10%" - en 2008, du fait de l'assouplissement de la carte scolaire.

Les collèges les plus en difficulté risquent de ce fait de devenir des "ghettos scolaires".

Selon l'enquête de la Cour des comptes, faite à la demande de la commission des finances du Sénat, le départ des meilleurs élèves des collèges "ambition réussite" risque de créer des "ghettos scolaires", en aboutissant à y regrouper les moins bons élèves et à "une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d'inégalités".

Le réseau "ambition réussite", créé après les émeutes de 2005, regroupe les établissements les plus en difficulté du système d'éducation prioritaire.

En 2008, sur les 254 collèges "ambition réussite", 186 ont perdu des élèves, "ce qui s'est traduit par une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d'inégalités", lit-on dans cette enquête sur "les dispositifs de la politique de la ville et de l'Education nationale dans les quartiers sensibles". En outre "certains collèges ont pu enregistrer des pertes d'effectifs pouvant aller jusqu'à 10%, alors que d'autres connaissaient des progressions allant jusqu'à 23%".

La Cour appelle donc à une plus grande "coordination" entre les établissements d'un même "bassin de formation", afin de "lutter contre l'existence ou la constitution de 'ghettos scolaires', en corrigeant les effets éventuellement négatifs des modalités de sectorisation scolaire".

Depuis la politique d'assouplissement de la carte scolaire engagée en 2007, il s'agit des premières statistiques officielles sur ses effets.

Jusqu'alors, le ministère de l'Education n'a pas voulu faire d'état des lieux public. Critiquant l'absence de statistiques, les chefs d'établissement ont réclamé à la rentrée un "observatoire de la mixité sociale et scolaire".

Au ministère, on précise que le ministre Luc Chatel attend d'ici fin 2009 une étude "plus détaillée" de ses services. Et il tient à mettre l'accent sur la cinquantaine de collèges "ambition réussite" qui ont gagné des élèves. Le gouvernement a toujours dit que sa politique avait pour but de permettre aux bons élèves des quartiers sensibles de pouvoir être scolarisés hors de leur quartier, quitte, en dernier recours, à fermer les établissements qui connaîtraient une très forte désaffection.

Par ailleurs, selon cette enquête, les dispositifs de soutien scolaire fondés sur le volontariat des enseignants et des élèves, type accompagnement éducatif après 16h, bénéficient à trop peu de collégiens "ambition réussite". "Le volontariat montre ses limites. N'y a-t-il donc pas lieu d'intégrer cette aide dans les obligations de service ?", a résumé à l'AFP l'auteur du rapport, Jean Picq, président de la troisième chambre de la Cour des comptes.

Après la publication de l'enquête de la Cour des comptes, la fédération syndicale Unsa-Education, déplorant "des régressions sensibles en matière de mixité sociale et scolaire", a demandé à Luc Chatel "d'engager une concertation".

L'Union nationale lycéenne, principal syndicat lycéen, a notamment plaidé mardi contre l'assouplissement de la carte scolaire: "Le gouvernement doit ouvrir un chantier de négociation sur la restructuration de la carte scolaire."

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