Les opposants au mariage pour tous mobilisés dans plusieurs régions

Samedi, ils ont fait entendre leur opposition à Bordeaux, Nantes ou encore Toulouse. D'autres manifestations sont prévues dimanche.

Des opposants au mariage pour tous, manifestant à Toulouse, le 13 avril 2013.
Des opposants au mariage pour tous, manifestant à Toulouse, le 13 avril 2013. ( MAXPPP)

Pas question de se résigner. C'est le message que plusieurs centaines d'opposants au mariage pour tous ont voulu faire passer, samedi 13 avril, dans plusieurs villes de France. Au lendemain des tensions survenues à Paris, quelques heures après le vote du projet de loi au Sénat, des cortèges se réclamant de "La manif' pour tous" se sont regroupés à Bordeaux, Toulouse, et Nantes. C'est dans cette dernière ville que les incidents les plus notables ont eu lieu.

Caroline Fourest ciblée à Nantes

Ce samedi, c'est l'organisation des Journées du Nouvel Observateur dans le chef-lieu de Loire-Atlantique qui est visé. Ou plus exactement, l'une des intervenantes, la journaliste indépendante Caroline Fourest, attendue pour animer un débat sur l'Islam. Comme lelle le relaie alors sur son compte Facebook, elle est d'abord accueillie par "une centaine de personnes", collées contre les vitres de son train, "hurlant et vociférant" selon elle, l'obligeant à quitter la gare, en courant, sous protection policière.

 

Devant le Centre des Congrès où se tient le débat, environ 70 militants anti-mariage tentent de forcer le barrage de CRS, jetant des pierres sur les forces de l'ordre. Certains sont parvenus à entrer et ont copieusement sifflée la journaliste lors de son intervention, avant d'être évacués sous les "dehors, dehors" du public.

Mais le plus dur est à venir. A la fin du débat, le public et les intervenants sont escortés par les forces de l'ordre, alors que les manifestants crient des slogans comme "Hollande nazi" et "Hollande fasciste". Quelque 200 militants, selon la police, se rendent ensuite à la gare de Nantes, où ils ont bloqué pendant 40 minutes, en s'allongeant sur le ballast, le TGV à destination de Paris, où avaient pris place les intervenants aux débats. Une personne ayant jeté des pierres sur les forces de l'ordre a été interpellée et placée en garde à vue.

A son arrivée gare Montparnasse à Paris, la journaliste a été de nouveau accueillie par 200 manifestants, qui l'ont huée. A nouveau, elle a dû être encadrée par des policiers pour quitter le bâtiment.

Selon Caroline Fourest, les manifestants étaient des ultra-nationalistes et des intégristes qui avaient été appelés à cette journée d'action sur les réseaux sociaux. Elle a jugé cette action "délirante et hors de proportion" : "Si j'avais été seule, je ne sais pas comment cela se serait terminé".

 Manifestations plus calmes à Toulouse et Bordeaux

C'est avec deux faux mariés baillonés à la tête de leur cortège que les manifestants anti-mariage pour tous défilent samedi à Toulouse. "Hollande, ta loi, on n'en veut pas", scandent les manifestants, embarqués dans 150 véhicules. Sur le parcours du défilé, un groupe d'une quarantaine de contre-manifestants partisans du mariage gay, brandissant des drapeaux arc-en-ciel, ont lancé des projectiles divers (oeufs, bouteilles) sur le cortège. Une personne a été interpellée, selon une source policière.

Aucun incident en revanche à Bordeaux, où 200 à 300 personnes se sont rassemblés en fin de journée derrière des drapeaux tricolores et une banderole du "Printemps Français". Dans leurs slogans, ils s'en sont pris au texte, au président François Hollande, et à la Garde des Sceaux Christiane Taubira. Avant d'aller manifester devant le domicile de Michèle Delaunay, ministre aux Personnes âgées et à l'Autonomie, , réclamant sa démission.

D'autres rassemblements attendus dimanche

D'autres manifestations contre le projet de loi Taubira sont prévues ce dimanche 14 avril dans toute la France. A Lyon (Rhône), partisans et opposants vont défiler à quelque centaines de mètres. Comme l'explique Le Progrès (article payant), l'après-midi s'annonce mouvementée pour les forces de l'ordre locales.