Les gens du voyage sont victimes de "discriminations systémiques" en France, pointe la Défenseure des droits

Claire Hédon plaide notamment pour que les caravanes soient reconnues comme des logements à part entière, pour faciliter leur accès au droit.

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France Télévisions
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Des caravanes de gens du voyage installées sur un parking près de l'usine Lubrizol, à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), le 3 décembre 2020. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

La Défenseure des droits, Claire Hédon, a alerté, mercredi 6 octobre, sur les difficultés qui touchent les gens du voyage en France. Elle "constate des discriminations systémiques (...) en matière de logement, d’accès à l’éducation ou encore à la santé", écrit-elle dans un communiqué qui accompagne son rapport.

Les gens du voyage sont notamment confrontés à des conditions d'accueil "qui portent atteinte au droit fondamental à un logement convenable", estime la Défenseure des droits. Elle cite notamment les "expulsions fréquentes" et la difficulté d'accès à l'eau potable, et recommande de se reposer sur les préfets quand les communes ne respectent pas leurs obligations.

Ils sont aussi plus exposés aux risques environnementaux, un constat illustré par le sort des familles qui vivaient à quelques mètres de l'usine Lubrizol de Rouen lors de son incendie, et qui n'ont pas toutes été relogées.

Reconnaître la caravane comme un logement

Claire Hédon souligne également leur éloignement des services publics, notamment des écoles, et pointe la persistance de "refus de scolarisation illégaux" dans certaines communes. Celles-ci doivent "cesser d'utiliser les différends administratifs qui les opposent aux familles demeurant sur des terrains occupés illicitement pour freiner, empêcher, voire interdire l'accès des enfants à l'école", écrit-elle.

Selon son rapport, l'absence de reconnaissance de la caravane comme un logement à part entière est aussi une source de discriminations dans de nombreux domaines, notamment l'accès aux aides au logement, aux crédits et assurances ou à la protection contre la suspension des fluides et de l'eau en période hivernale.

Ce rapport est présenté comme le premier volet de sa contribution à la mise en place par le gouvernement, à la demande de Bruxelles, d'une "stratégie nationale" sur le respect des droits des populations roms.

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