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Les Femen de Notre-Dame de Paris devant la justice

Neuf membres du groupe des Femen comparaissent vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris. Elles sont jugées pour des dégradations après une action menée cet hiver dans la cathédrale Notre-Dame qui visait à fêter, à leur manière, le renoncement du pape Benoit XVI. Les féministes dénoncent "une chasse aux sorcières".
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France Télévisions
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  (Charles Platiau Reuters)

Pour la chef de file des Femen en France Inna Shevchenko, pas question de regretter l'action qui lui vaut de comparaître vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris avec huit autres militantes.

Le 12 février dernier, les féministes s'étaient glissées dans le flot de touristes venus visiter la cathédrale Notre-Dame de Paris pour se jucher, seins nus, sur le socle de trois nouvelles cloches provisoirement déposées dans la nef.

Celles qui avaient préalablement prévenu la presse de leur action ont exhibé des messages peints sur leurs corps, comme "Pope no more ", "No homophobe ", "Crise de la foi " ou encore "Bye bye Benoît ". Elles avaient également tapé sur les cloches avec des bouts de bois pour les faire tinter.

Les jeunes femmes avaient été interpellées sur place et sont poursuivies pour dégradation de biens en réunion dans un lieu de culte.

"Droit au blasphème "

Pour Inna Schevchenko, jeune Ukrainienne de 23 ans, ce procès s'inscrit dans s'inscrit dans la tradition
de "chasse aux sorcière s" du catholicisme. Il n'y a selon elle "aucune preuve " des dégradations qui leur sont reprochées.

Ces accusations "ne sont rien d'autre qu'un procès de l'Eglise pour nous
punir pour avoir blasphèmé
", estime celle qui dit ne rien regretter et revendique un "droit au blasphème ".

Dans un message publié sur Facebook, les Femen disent attendre "impatiemment ce
face-à-face avec l'Église catholique qui est évidemment un face-à-face
symbolique puisque tout le monde sait que nos tétons sont bien incapables de
rayer des cloches !
"

Dommages et intérêts

L'avocat des Femen, Me Patrick Klugman, dénonce une "procédure
artificielle
", émettant de "grands doutes sur sa validité ". Il affirme que le but de ses clientes n'était pas "de blesser les croyants ou porter atteinte à un édifice cultuel ", et qu'elles avaient pris soin d'utiliser un bâton entouré de feutrine, afin de
"ne pas créer de dommage " et de ne pas perturber le service liturgique.

Du côté du recteur de Notre-Dame, on estime le dommage réel. "Au-delà de l'atteinte matérielle, il y a une atteinte morale évidente , explique l'avocat Me Laurent Delvolvé, qui souligne que la cathédrale est un lieu de culte "permanent " et non seulement
pendant les offices.

"Les fidèles ont été choqués ", poursuit-il, rappelant que les faits se sont
déroulés en plein jubilé pour les 850 ans de Notre-Dame de Paris.

Les Femen encourrent sept ans de prison. Pour que "l'atteinte à la foi des catholiques soit réparée ", l'avocat du recteur de Notre-Dame demandera
un euro de dommages et intérêts, auquel s'ajoutera le montant des réparations
des cloches, qui sera communiqué à l'audience.

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