Les fautes à Voltaire : l'hommage raté d'une commune au philosophe

Dans l’Ain, la commune de Ferney-Voltaire a voulu rendre hommage au philosophe des Lumières en apposant des plaques… truffées de fautes d’orthographe.

(L'une des fautes sur les plaques. © Audrey Tison / RF)

La commune se serait bien passée de ce mauvais coup de pub. Tout partait pourtant d’un bon sentiment. Baptisée Ferney-Voltaire, cette petite ville d’environ 8.500 habitants, située dans l’Ain, souhaitait rendre hommage à l’écrivain et philosophe des Lumières. Elle a ainsi commandé, il y a plusieurs mois, une dizaine de plaques reprenant des citations de Voltaire.

Mais sur cinq d’entre elles, “de multiples erreurs d’orthographe, de grammaire, de typographie et de sens ont été constatées ”, explique la mairie dans un communiqué publié sur son site. Scellées en juillet dernier sur des dalles de bronze dans le parc La Tire, au pied du château Voltaire situé dans la commune, les plaques comportent effectivement quelques grossières erreurs.

Rédigée par Voltaire en août 1761, la phrase "rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme " devient "rien ne se fait sans peu d'enthousiasme ". Ou encore: "Ni l'abstinance (sic), ni l'excès ne rendent un homme heureux ", et cet accent sur la mauvaise pente : "Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont fréres ".

Le reportage d'Audrey Tison
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Au total, on dénombre cinq fautes d'orthographe ou de syntaxe. "Et une inexactitude ", ajoute Alex Décotte, membre de l'association "Voltaire à Ferney" et auteur du blog Ferney Candide . "Une citation attribuée à Voltaire appartient en réalité à Rabelais. "

Les fautes à Voltaire

Elu il y a trois mois, Daniel Raphoz, maire de Ferney-Voltaire, explique que ces plaques avaient été commandées lors du précédent mandat et livrées sous un film opaque. "On a mené l’enquête. Les phrases et les citations ont été envoyées avec une orthographe correcte à l’entreprise [qui les a confectionnées]. Pour l’instant, celle-ci n’est pas joignable, mais on va les avoir au téléphone et rectifier le tir ”, explique l’édile.

"En tous cas, je pense que Voltaire se marrerait beaucoup en voyant ça. Il aimait écrire sur les couacs, les ‘coïnnades’ de Ferney comme il disait ! ", plaisante pour sa part Alex Décotte. C’est vrai qu’il n’y a pas de quoi tomber par terre avec les fautes à Voltaire.