Le prix des carburants en hausse, la consommation en baisse

Pour le deuxième mois consécutif, la hausse des prix à la pompe pousse les Français à diminuer leur consommation de carburant, surtout de sans plomb.

La consommation de sans plomb a reculé de 9,1% en mars 2012.
La consommation de sans plomb a reculé de 9,1% en mars 2012. (MYCHELE DANIAU / AFP)

Alors que certains automobilistes n'hésitent pas à voler leur carburant, les Français semblent surtout s'en détourner. La consommation d'essence a encore baissé en mars, pour le deuxième mois consécutif, selon les chiffres de l'Union française des industries pétrolières rendus publics lundi 16 avril. Elle pourrait encore fléchir toute l'année, si les prix records de l'essence et du gazole se maintiennent, forçant les automobilistes à mieux ou à moins conduire.

La consommation de sans plomb chute

La consommation d'essence et de gazole en France baissera de 1 à 1,5% en 2012 par rapport à 2011 si les prix à la pompe restent à ce niveau, a déclaré à l'AFP lundi le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky. La consommation de carburants a baissé de 3,5% en mars par rapport à mars 2011, après une diminution de 1,6% en février, selon les chiffres publiés lundi par l'Ufip. En janvier, la consommation avait à l'inverse augmenté de 1,4%. Cette diminution résulte surtout d'un recul de 9,1% des livraisons d'essence sans plomb, alors que les livraisons de gazole, le carburant préféré des français, n'ont diminué que de 2,1%.

Les Français conduisent mieux et moins

En conséquence, les automobilistes prennent moins leur voiture ou essaient de conduire de façon plus écologique. Selon l'Ufip, "les prix ayant atteint des records, les automobilistes semblent avoir adapté leur comportement. Les conseils d'éco-conduite sont entendus". La consommation diminue aussi en raison d'un parc automobile désormais moins gourmand en énergie, grâce à des véhicules plus efficaces, note l'Ufip.

Le trafic des voitures demeure stable depuis dix ans, mais "il y a un point d'inflexion quand on passe au dessus de 1,50 ou 1,55 euro le litre", comme en 2008, relève de son côté le directeur de l'Union routière de France (URF), Stéphane Levesque, qui représente l'ensemble des acteurs économiques de la filière route. Le trafic des voitures devient plus sensible que celui des camions aux records de prix à la pompe, avec notamment une "contraction des trajets entre le domicile et les loisirs", selon Stéphane Levesque. Les trajets vers le travail restent au contraire "contraints", et les Français continuent à se déplacer pour les vacances, "quitte à faire moins de déplacements une fois sur place", ajoute-t-il.

Un changement de comportement au volant qui pourrait contribuer à la baisse du nombre d'accidents sur les routes. "A partir du moment où vous avez moins de consommation, vous avez moins de circulation et donc il n'est pas anormal qu'on ait moins d'accidents", souligne Stéphane Levesque.