Le n°3 de la gendarmerie remplacé après des critiques sur la politique pénale

Le Conseil des ministres a acté la mutation à l'outre-mer du général Soubelet, numéro trois de la gendarmerie nationale. En décembre, il avait exprimé des réserves sur la politique pénale. Plusieurs élus de droite et du centre ont marqué leur forte désapprobation.

(Le général Soubelet s'était montré critique vis-à-vis de la politique pénale © MAXPPP)

 Le Conseil des ministres de ce mercredi a officialisé le départ du numéro trois de la gendarmerie, le général Bertrand Soubelet, et son remplacement par le général Michel Plattin. Ce dernier, sur proposition de Bernard Cazeneuve, vient en effet d'être nommé directeur des opérations et de l'emploi à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) tandis que son prédécesseur prendra le commandement de la gendarmerie outre-mer.

En décembre 2013, Bertrand Soubelet s'était montré critique envers la politique pénale face aux délinquants et le nombre de remises à liberté, alors qu'il s'exprimait devant une commission parlementaire de lutte contre l'insécurité présidée par le député socialiste Jean-Pierre Blazy. Ses propos, révélés par l'AFP début janvier, lui avaient valu de nombreuses manifestations de sympathie de la part de gendarmes, qui avaient salué sur les réseaux sociaux l'intervention du "général courage".

Censure pour l'UMP

Le directeur général de la gendarmerie nationale, Denis Favier, avait alors dû opérer un recadrage, expliquant que l'intention du général Soubelet "n'était pas de mettre en cause la politique pénale ni de critiquer l'institution judiciaire, mais de souligner les difficultés rencontrées au quoitidien par les unités dans la lutte contre la délinquance ". Pour le vice-président de la commission parlementaire devant laquelle le général Soubelet avait exprimé ses réserves, le député UMP de Paris Philippe Goujon, il s'agit de "censure " : "On a censuré un général qui a dit la vérité ", a-t-il déclaré à l'AFP. Trois députés UMP, membres de la Mission d'information de lutte contre l'insécurité, Eric Ciotti, Philippe Goujon et Georges Fenech, ont écrit au président de cette mission, Jean-Pierre Blazy. Ils écrivent : "Parce que nous n'avons pas l'intention de servir de caution à une commission qui censure les personnes qui sont auditionnées lorsque leurs constats ne sont pas en accord avec la politique gouvernementale, nous vous  prions de bien vouloir noter que ne souhaitons plus faire partie de la mission d'information que vous présidez ". Parallèlement, le secrétaire général de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a envoyé un courrier au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, dénonçant une "mise au placard ".

D'autres nominations étaient également à l'ordre du jour du Conseil des ministres. David Skuli, directeur de cabinet du directeur général de la police nationale depuis 2012, devient directeur central de la police aux frontières, où il remplace Frédéric Perrin, lui-même élevé au rang d'inspecteur général de l'administration.