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La SNCF veut faire changer les horaires de travail pour désengorger les trains bondés

Des trains remplis aux heures de pointe en Ile-de-France, mais à moitié vides aux heures creuses. Avant de lancer des investissements lourds dans de nouveaux matériels, la SNCF aimerait que les entreprises soient incitées à faire travailler une partie de leurs salariés en horaires décalés. Quinze à trente minutes seulement suffiraient pour fluidifier le trafic.
Article rédigé par
Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Le constat. Les lignes de transports
en commun qui desservent les grands centres d'affaires sont totalement saturées
à certaines heures. Mais à certaines heures seulement.

En Ile-de-France, c'est par exemple le cas du RER A, qui dessert le
quartier de La Défense et la faculté de Nanterre (Hauts-de-Seine). Ou encore des
lignes de RER B et D et des Transiliens (trains de banlieue) qui font
étape à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où de nombreuses entreprises ont déménagé
leur siège, attirées par un foncier plus attractif.

Aux heures de pointe (7h30-9h et 17h-18h30), " le taux d'occupation des
rames peut atteindre 200 %
" , selon Bénédicte Tilloy, directrice
générale de SNCF-Transilien. Mais en dehors de l'hyper pointe, les trains sont
quasi-vides (40 %).

"Les gens sont debout, ils
voyagent dans de très mauvaises conditions [...] Tout le monde est en
retard" (Bénédicte Tilloy, SNCF)

L'idée. Pour désengorger les
transports, il n'y a que deux solutions : investir dans les infrastructures et
le matériel (lignes et rames plus nombreuses) ou inciter une partie des usagers
à décaler leurs horaires, afin que les flux de voyageurs soient mieux répartis
sur la journée. C'est l'effet papillon : " Il suffirait qu'une petite
partie des voyageurs décale leur trajet de 15 à 30 minutes pour que la qualité
de service s'améliore sensiblement
" , explique la dirigeante de la
SNCF.

La première solution est coûteuse. Alors, en ces temps de disette et en
attendant de toucher les dividendes du Grand Paris à l'horizon 2030, la SNCF a
préféré avancer la seconde, bien plus économe, au hasard d'une réunion
publique il y a quelques jours. L'idée a été immédiatement reprise au vol, et des responsables de la
SNCF doivent rencontrer dès la semaine prochaine le Medef parisien.

Les freins. Premiers
concernés, les salariés ne peuvent pas tous faire glisser leurs horaires : les
parents qui doivent déposer leurs enfants à l'école ou à la crèche par exemple.
Certains patrons craignent, eux, de voir partir à la même heure certains
salariés qui arriveraient plus tard.

Les entreprises pourraient bénéficier
d'incitations financières, comme un rabais sur la taxe transports qu'elles
versent au Stif (Syndicat des transports en Ile-de-France). D'autant que ce
Versement transport (VT) va grimper de 50 % pour financer les super lignes
de métro du Grand Paris.

Un million de voyageurs aux heures
de pointe

Cette piste, inspirée du métro
rennais, a le mérite de lancer le débat. Elle s'ajoute à d'autres pistes comme
le covoiturage ou le télétravail, à domicile ou sur des plate-formes. Des pistes
explorées dans les entreprises les plus progressistes, ou tout simplement
lasses des retards et incidents à répétition dans les transports franciliens.

La SNCF transporte chaque jour
trois millions de voyageurs en Ile-de-France, dont plus d'un tiers aux heures
de pointe. Quelque 300.000 habitants de Seine-Saint-Denis quittent chaque jour
leur département pour aller travailler. Autant de salariés arrivent de
l'extérieur pour embaucher dans les entreprises installées dans le secteur de
Saint-Denis.

Bonne élève et surtout pour montrer l'exemple, la SNCF s'appliquera ce principe
à elle-même lors du déménagement de son siège, en septembre prochain, à
Saint-Denis.

 

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