Xavier Niel débouté de son action judiciaire contre un économiste

Le patron de Free avait fait saisir des documents au domicile du professeur d'économie et voulait l'attaquer pour dénigrement.

Le patron de Free, Xavier Niel, le 31 août 2012 à Paris.
Le patron de Free, Xavier Niel, le 31 août 2012 à Paris. (GONZALO FUENTES / REUTERS)

Xavier Niel voulait lancer une action en justice pour dénigrement contre un professeur d'économie, auteur d'une étude sur l'impact de l'arrivée de Free dans la téléphonie mobile. La justice a débouté le patron d'Iliad, dans une décision prise vendredi et rendue publique lundi 4 mars.

Le tribunal de grande instance de Paris a considéré que la justice n'aurait pas dû accéder à la demande de Xavier Niel de faire saisir, au domicile du professeur d'économie Bruno Deffains, enseignant à l'université Paris-II Panthéon-Assas, des documents informatiques relatifs à ses recherches.

"Un coup d'arrêt salutaire" à une "pratique de terreur"

Bruno Deffains avait publié dans Les Echos du 11 juin dernier un article intitulé "Free : quand l'idéologie de la concurrence dessert l'économie", qui résumait les conclusions d'une étude qu'il avait menée en janvier 2012. Selon cette étude, "la baisse totale du chiffre d'affaires dans le secteur des télécoms mobiles provoquée par le lancement de Free Mobile", qu'il estime à 6,5 milliards d'euros, "va y provoquer la destruction nette de 55 000 emplois dans les deux années suivantes".

La justice a considéré que l'étude "ne comport[ait] aucune critique des services proposés par Free Mobile" et qu'"aucun élément ne confort[ait] l'allégation d'un lien avec des concurrents de la société Free Mobile". Me Thibault de Montbrial, avocat de Bruno Deffains, s'est félicité que le tribunal ait mis "un coup d'arrêt salutaire" à une "pratique de terreur", une "procédure qui avait comme objet d'envoyer un message dissuasif"