Une association proche de l'Opus Dei relaxée des accusations de travail illégal

Le tribunal correctionnel de Paris ne poursuivra pas l'association Acut pour des faits de travail illégal. L'unique plaignante dit être entrée à 16 ans à l'Opus Dei, puis y avoir été exploitée sans rémunération durant 13 ans.

L\'avocat de l\'Opus Dei, Thierry Logier, au palais de Justice de Paris, le 22 septembre 2011.
L'avocat de l'Opus Dei, Thierry Logier, au palais de Justice de Paris, le 22 septembre 2011. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

L'Association de culture universitaire et technique (Acut), proche de l'organisation catholique Opus Dei, a été relaxée jeudi 24 novembre par le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de travail illégal. Deux membres de l'association ont eux aussi été relaxés.

L'Acut était poursuivie pour "travail dissimulé" et "rétribution contraire à la dignité" dans plusieurs de ses écoles hôtelières. L'unique plaignante, Catherine Tissier, dit être entrée à 16 ans à l'Opus Dei comme "numéraire auxiliaire", y avoir prononcé ses vœux de "chasteté, obéissance et pauvreté" puis avoir été exploitée, sans rémunération, durant 13 ans dans les différents établissements hôteliers de l'Opus Dei.

"Le droit du travail a été totalement ignoré"

L'avocat de la partie civile, maître Rodolphe Bosselut, a annoncé qu'il allait faire appel de ce jugement. "Le droit du travail a été totalement ignoré", avait estimé la procureure Flavie Le Sueur durant l'audience des 22 et 23 septembre, avant de requérir 30 000 euros d'amende contre l'Acut.

Durant l'audience, la défense s'était évertuée à convaincre la 31e chambre correctionnelle que le dossier n'avait rien à voir avec l'organisation catholique. L'Acut est "complètement autonome de l'Opus Dei", avait assuré son avocat maître Thierry Laugier. Francis Baer, le trésorier de l'Acut, a pourtant confirmé avoir habité un temps au siège parisien de l'Opus Dei.