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Une ancienne courtière attaque une filiale de la BNP pour discrimination

L'ex-employée accuse Exane, une filière de la banque, de l'avoir mis à l'écart au retour de son congé maternité.

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France Télévisions
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Le siège de la BNP Paribas, à Paris. ( AFP )

"Cela a été une dégringolade psychologique", confie Natasha Pouget à francetv info. Cette ancienne courtière au sein de Exane, une filiale de courtage de la BNP Paribas, attaque pour discrimination son ex-employeur à la cour d'appel de Paris, jeudi 12 juin. Aux côtés de son avocat, un autre avocat est présent à l'audience : celui du Défenseur des droits, l'autorité chargée, notamment, de lutter contre les discriminations.  

"Je n'étais plus invitée aux réunions"

L'affaire débute en 2009. Au retour de son congé-maternité pour son troisième enfant, Natasha Pouget affirme avoir été mise à l'écart de manière radicale :"Je n'étais plus invitée aux réunions, je ne recevais plus les mails collectifs, mon portefeuille de clients a été réduit de 30%".

Une marginalisation d'autant plus difficile à comprendre pour la courtière que, cette même année 2009, elle raconte avoir été classée quatrième meilleur vendeuse en Europe parmi plus de 600 opérateurs et deuxième meilleur opérateur en France parmi 250 professionnels. "Ces évaluations sont effectuées par des institutions financières européennes", détaille-t-elle.

Puis vient la directive de trop. Alors que Natasha Pouget était chargée, avant son départ en congé maternité, de clients français, sa direction décide de lui confier des clients allemands et lui impose des allers-retours dans la journée en Allemagne, alors qu'elle ne parle pas la langue, explique-t-elle. "Et avec deux enfants, dont un bébé, cela n'était pas compatible", poursuit-elle.

Le Défenseur des droits atteste la discrimination

La courtière est alors arrêtée par son médecin. Son employeur demande aussitôt à l'assurance-maladie d'effectuer un contrôle. Le médecin contrôleur confirme la décision de son médecin traitant et justifie l'arrêt. "C'était devenu épouvantable", assure Natasha Pouget . Elle décide de démissionner et saisit le Conseil des prud'hommes et la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), aujourd'hui fusionnée avec le Défenseur des droits.

Lors de l'audience prud'homale en 2012, le Défenseur des droits n'avait pas encore rendu son rapport et la courtière est déboutée. Natasha Pouget fait appel de cette décision. En décembre 2013, le Défenseur des droits rend son rapport et juge qu'il y a bien eu discrimination. 

Contactée par francetv info, la direction d'Exane "ne souhaite faire aucun commentaire sur une procédure en cours et réfute avec fermeté toute allégation de harcèlement et de discrimination". Raphaële Schapira, journaliste à France 2, a assisté à l'audience et indique à francetv info la ligne de défense d'Exane. La filiale soutient qu'elle était convaincue que Natasha Pouget ne souhaitait pas revenir dans l'entreprise après son congé maternité.

De son côté, la plaignante explique vouloir faire entendre la voix des femmes "qui n'ont pas les moyens de se défendre""Mon cas est emblématique de ce que vivent beaucoup de femmes cadres", argumente l'ancienne courtière. Aujourd'hui, elle a retrouvé du travail. Mais loin du milieu de la finance. "C'était trop douloureux, j'étais tellement dégoûtée que j'ai dû m'éloigner de ce monde-là et tourner la page."

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