Un trafic de bébés devant le tribunal de Marseille

Dix personnes comparaissent ce mardi devant le tribunal de grande instance de Marseille pour "traite d’êtres humains". Des parents qui vendaient des bébés roumains pour quelques milliers d’euros.

(Un homme est soupçonné d'avoir vendu plusieurs bébés roumains à des couples français © Maxppp)

Le tribunal de grande instance de Marseille juge ce mardi et ce mercredi un trafic de nourrissons mis au jour à Marseille en juillet 2013. Dix personnes sont poursuivies, dont les parents "vendeurs" et les "acheteurs". Trois intermédiaires ont été incarcérés. La qualification de "traite d’êtres humains" a été retenue contre quatre des prévenus.

 

Ce sont les personnels de l’hôpital nord de Marseille qui ont donné l’alerte, étonnés de voir partir un nouveau-né avec un homme et une femme qui n’étaient pas ses parents. L’enquête de police a rapidement révélé que le nourrisson a été vendu 8.000 euros plus une berline allemande. Les acheteurs, un couple stérile appartenant à la communauté des gens du voyage, est rapidement identifié. Mike et Carmen ont rencontré le père de l’enfant lors d’une réunion évangéliste.

 

D'autres bébés

L’homme leur raconte qu’il est à la tête d’une famille nombreuse. Il leur propose le bébé à naître de sa femme, trop pauvre pour l’élever, dit-il. Carmen a accompagné la grossesse. "Je disais à la mère que je comprenais si elle changeait d’avis, et elle disait non non je te le donne ". Au bout de 40 jours, la police a retrouvé et repris l’enfant. Mike se sent "piégé " et fera "tout son possible " pour récupérer l’enfant.

 

L’homme qui a vendu l’enfant n’en est pas à son premier coup d’essai. Il a déjà vendu le bébé d’une de ses sœurs à un autre couple et était sur le point d’en céder un troisième. En fait le réseau acheminait depuis la Roumanie. Des mamans sur le point d’accoucher étaient logées et nourries par les acheteurs jusqu’à la naissance de l’enfant. "Nous sommes des victimes dans cette histoire ", dit le couple qui pensait avoir adopté le bébé selon les pratiques de leur pays.

Marie-Christine Lauriol a rencontré le couple qui a acheté l’enfant
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