Un retraité de Châtellerault condamné pour trafic d'opium

Le Châtelleraudais de 72 ans, d'origine laotienne, a été condamné jeudi à Poitiers à 18 mois de prison avec sursis, pour trafic d'opium. Il se faisait expédier du Laos des colis de vêtements imbibés de drogue.

(Damir Sagolj Reuters)

Le procédé est simple : le retraité de 72 ans se faisait expédier par la Poste des colis de vêtements dont le tissu était imprégné d'opium. À charge pour lui à la réception de mettre ces vêtements à "infuser" dans de l'eau chaude, puis attendre que l'eau s'évapore pour récupérer la drogue. "Une méthode artisanale sans aucun solvant ", a commenté le prévenu devant le tribunal correctionnel de Poitiers jeudi. Ce Laotien d'origine a aussi expliqué que pour lui l'opium n'est pas vraiment une drogue, mais un médicament pour lutter contre certaines douleurs. 

Au total, le retraité poitevin aurait ainsi reçu 52 colis de plusieurs kilos de vêtements entre 2006 et 2009, de quoi extraire, selon lui, environ 700 g d'opium à chaque fois. Le tarif : 10 euros le gramme, de quoi récolter la somme de 350.000 euros en trois ans. Mais cette marchandise était surtout destinée aux États-Unis vers lesquels le retraité renvoyait ses colis, avec la mention "France" dessus pour dissiper les soupçons des douaniers américains. 

"Il n'est qu'un rouage d'une machine qui le dépasse" (son avocat)

Pour son avocat pourtant, le retraité n'a pas le profil du trafiquant international. "Il n'est qu'un rouage d'une machine qui l'a dépassé ", affirme Maître Moncef Jouachi. L'opium, c'est la drogue de l'ancien temps, l'Asie, le triangle d'or. Ce sont d'autres contrées qui sont plus habituées à manipuler, consommer et échanger des produits de cette nature-là ". Il estime d'ailleurs que son client ne mérite pas la peine de 18 mois de prison avec sursis prononcée à son encontre. 

Le septuagénaire a pourtant largement profité de ce trafic : enchaînant les voyages à l'étranger, les sorties au casino de la Roche-Posay -174 fois pour 40.000 euros dépensés depuis 2005 - , et des virements de liquide à sa famille au Laos. "Les risques de récidive sont largement contenus, étant donné son âge ", a aussi avancé son avocat.