Un avocat tient des propos racistes lors d'une audience à Nîmes

Quatre ans de prison, dont un an assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve. Une peine jugée excessive par maître Jean-Pierre Cabanes pour son client, chauffard alcoolisé accusé de violences contre des gendarmes. Argument de défense? "C'est un des rares Maghrébins qui paie des impôts", déclare l'avocat. Des propos racistes qui font grand bruit à la cour d'appel de Nîmes.

(Maxppp)

Dans un département touché par la montée des actes racistes ces derniers mois, la cour d'appel de Nîmes se serait bien passée de cette polémique. Lors d'une audience mardi devant la Chambre des appels correctionnels de Nîmes, Jean-Pierre Cabanes, avocat depuis plus de 40 ans, dérape.

"Un des rares Maghrébins qui paie des impôts"

Alors que son client avait été condamné à trois ans de prison par le tribunal correctionnel de Nîmes pour excès de vitesse, conduite en état d'ivresse et violences sur gendarmes, le parquet avait relevé appel réclamant une peine de quatre ans. Des réquisitions jugées sévères par Me Jean-Pierre Cabanes durant la nouvelle audience mardi. L'avocat, ancien bâtonnier de Nîmes, rappelle que son client est un père de famille respectable, avant d'ajouter : "La défense ne vient pas discuter quoi que ce
soit. Il paie des impôts, c'est un des rares Maghrébins qui paie des impôts"
. Des propos rapportés par MidiLibre qui ne passent pas inaperçus.

Des propos diffamatoires et racistes

Le lendemain, SOS racisme s'empare du dossier et se dit scandalisée des propos de l'avocat, "relevant de la diffamation raciale" . L'association écrit dans un communiqué de presse qu'il est "inadmissible que de tels propos racistes aient été tenus dans une enceinte républicaine par un auxiliaire de justice"

Jean-Pierre Cabane se défend pourtant de tout racisme : "ma belle-fille est franco-marocaine, mes
petits-enfants sont issus du mélange des races, j'ai une clientèle d'origine
immigrée majoritaire".
Des arguments peu convaincants et qui pourraient bien amplifier le malaise. 

Suite à une réunion avec les principaux intéressés, la Bâtonnière de Nîmes assure dans un communiqué que ces propos n'étaient animés "d'aucune intention malveillante" . Pour la fin de l'histoire, le prévenu a finalement été condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve.